Le MotoGP se transforme petit à petit. Après les incidents de Barcelone et du Balaton Park de nouvelles procédures de départ vont être mise en place. De plus le championnat se projette déjà sur l’exercice suivant avec des modifications qui n’ont pas fini de faire parler.
MotoGP : nouvelle grille dès l’Allemagne

La première concerne la grille de départ. Un moment envisagée, l’idée de mettre deux pilotes par ligne, façon F1, semble avoir été définitivement ( ?) écartée. Dès le Grand Prix d’Allemagne les lignes seront espacées de 12 mètres et non plus 9. Objectif laisser plus d’espace aux pilotes. Une décision qui implique donc une grille encore plus étendue et donc un différentiel de vitesse encore plus grand entre les premiers et les derniers. Autant dire que ce point soulève pas mal d’interrogations. Est-ce que cet écart favorisera la fluidité au premier virage ? Rien est moins sur.
Cela va surtout inciter les « retardataires » à freiner un peu plus tard pour compenser leur handicap « géographique » sur la grille. Que se passera t’il en cas de problème sur la grille ? Un pilote victime d’un ennui au devant sera un danger potentiel pour les pilotes du fond. On rappelle qu’en 2027, il n’y aura plus de « device » donc plus d’aide au départ. Ce qui veut dire que le pilote devra à nouveau gérer les gaz l’embrayage etc..D’où un risque potentiel d’erreur ou de raté….
MotoGP : la fin du holeshot device précipitée

Tiens puisque l’on évoque les devices, dès le Grand Prix d’Angleterre à Silvertone, ils disparaitront. Il faut dire que Silverstone est l’un des circuits où le premier virage est l’un des moins contraignant. De fait les systèmes peuvent être perturbés dans leur fonctionnement et ne pas libérer la fourche mis en contrainte au départ. L’objectif est là encore d’influer sur la vitesse de la moto à l’approche du premier virage. Dans les rangs des pilotes cette mesure ne fait pas l’unanimité mais clairement elle apparait comme la plus cohérente pour réduire la vitesse au premier virage. Il sera donc intéressant de voir ce qui se produira lors du Grand Prix d’Angleterre et cela nous donnera une première vision de ce qui nous attendra pour la fin de saison et pour 2027.
Le fond du problème n’est pas là.
Reste que ces décisions ne résoudront pas le fond du problème. Depuis que la course existe le premier virage a toujours était le lieu d’incidents. Il y a toujours celui qui veut gagner plus de positions qu’il ne le peut vraiment. Celui plus téméraire que les autres qui pense que « ça va passer ». Vous aurez beau tenter tout ce que vous voudrez, vous ne pourrez jamais l’empêcher. Pour autant faut il ne rien faire ? Non bien sur. La première solution mais qui n’a que très peu de chance d’aboutir serait de reconfigurer les premiers virages. Le problème c’est avant tout le phénomène d’entonnoir.

22 motos dans un virage à quasiment 90 degrés forcément ça coince. Pourquoi dès lors ne pas imposer dans le cahier des charges d’homologation d’un circuit un rayon minimal au premier virage ? Evidemment cela représenterait un cout financier énorme pour les circuits existants mais si l’on veut de la sécurité il faut savoir aussi s’en donner les moyens.

Autre solution, plus abordable celle la, déplacer la grille de départ. Autrement dit la rapprocher du premier virage. Objectif là encore, réduire la prise de vitesse. A Barcelone cela permettrait de réduire la prise d’élan d’au moins 200 mètres. Sachant qu’une MotoGP couvre cette distance en 4 secondes à peu près on comprend dès lors l’intérêt d’une telle décision. Pourtant cette avancée de grille ne se fera pas. Pourquoi ? Par rapport à la tribune principale. Oui oui parce que la tribune étant située au milieu de la voie des stands, le déplacement de la grille serait donc préjudiciable au spectacle… Il faut savoir ce que l’on veut….Là encore imposer une distance maximale entre la grille et le premier virage pourrait être une solution à terme.
Et si on réduisait le nombre de départs ?
Pour l’instant ces propositions représentent l’idée de prêcher dans le désert. Reste que demander aux pilotes de prendre 44 départs dans une saison représente un risque accru. Certaines voix commencent à se faire entendre sur ce sujet et on ne peut leur donner tort. Puisque Liberty Media veut s’inspirer largement de la F1 pour le développement futur du MotoGP pourquoi ne pas reprendre l’idée qui y fonctionne. A savoir organiser des courses Sprint sur certains Grand Prix et non sur la globalité du calendrier. Là aussi il y aurait matière à réduire les risques.

Mais voilà les intérêts personnels des organisateurs ne seront certainement pas compatibles. « Pourquoi je n’aurais pas de course Sprint et lui y aurait droit ». Voilà en substance la complainte que l’on risque d’entendre. Il faut se rappeler de la motivation à mettre en place ce schéma. Certains organisateurs avaient du mal à faire venir le public le samedi. Programmer une course relance donc l’intérêt de la journée et…..la billeterie. On en revient donc toujours au même sujet…
2027 Une seule moto ?
Tiens puisque l’on parle d’argent voici maintenant les nouvelles orientations afin justement de minimiser les couts. Pour 2027 deux propositions ont déjà vu le jour à ce sujet. La première qui devrait avoir un impact réel sera de réduire les essais libres. Pour l’heure on ne sait pas vraiment si cela concerne également les essais de pré saison. L’idée est bien sur de réduire les couts de fonctionnement des structures. Moins d’essais c’est moins de kilométrage donc moins de maintenance et au final moins de dépenses. Jusque là nous sommes d’accord.

La deuxième proposition concerne l’abandon de la deuxième moto pour le MotoGP. Un cas de figure qui existe déjà en Mot2 et Moto 3. Si on peut le comprendre pour les classes « inférieures » en revanche pour la « vitrine » cela est pour le moins surprenant. D’autant plus surprenant qu’en fait les pilotes auraient finalement bien droit à deux motos mais ne pourraient pas s’en servir simultanément en cours de séance.
Concrètement, il s’agirait d’une mot de réserve que le pilote ne pourrait utiliser qu’en cas de problème sur sa première machine. Une utilisation soumise à validation auprès des commissaires techniques. En revanche la deuxième machine serait bien sur de sortie le samedi et le dimanche pour les éventuelles course Flag to Flag. Au final quel est l’intérêt de cette mesure ? Economiquement la présence d’une deuxième moto de réserve ou pas ne réduira donc pas les couts. Sportivement on risque de se retrouver avec des séances amputées de plusieurs pilotes qui n’auront pas la possibilité de repartir après une casse ou une chute. Bref il faut qu’on nous explique où est l’intérêt de cette mesure…
MotoGP le calendrier 2028 sans Aragon

Enfin dernière mesure en date, le calendrier 2028 comportera une épreuve espagnole en moins. Le Grand Prix concerné sera celui d’Aragon. Il faut qu’avec 4 courses ibérique le calendrier faisait la part belle à la péninsule ibérique. Pour autant Aragon ne disparaitra pas totalement des tablettes puisqu’il sera maintenant comme Grand Prix de réserve. Une porte de sortie en cas d’annulation d’une épreuve validée au calendrier. Voilà qui nous ramène au sujet précédent des économies. Et si le calendrier justement était ramené à 20 voire 18 courses, les économies ne seraient elles pas quantifiables beaucoup plus facilement ? Allez on attend avec impatience les prochaines propositions et surtout annonces de transferts vu que les discussions entre les constructeurs et le MotoGP ont enfin abouties.

