Le YART a parfaitement lancé sa saison en s’imposant lors de cette 49e édition des 24 Heures Motos. Déjà auteur de la pole position, la Yamaha championne en titre décroche une deuxième victoire consécutive et signe un troisième succès au Mans. Une performance XXL qui lui vaut d’occuper la tête du classement provisoire.
Le YART en démonstration

Le YART a été impeccable de bout en bout. Il a tout simplement réalisé une véritable démonstration. Après un début de course discret, l’équipe de Mandy Kainz a su monter en puissance pour garder le contact avec la BMW, puis imposer son rythme, notamment durant la nuit. Surtout, la Yamaha a brillé par sa fiabilité, ne rencontrant aucun souci mécanique sur 24 heures. L’une des rares Yamaha à passer à travers les encombres. « Nous n’avons pas eu un seul problème mécanique », confirme Karel Hanika, saluant « un travail formidable » de toute l’équipe.
Même constat pour Marvin Fritz, qui évoque « un combat jusqu’à la fin » face à une concurrence très dense. Leandro Mercado, pour sa première avec l’équipe, réalise la même performance que Jason O’Halloran l’an passé. Une pole position et la victoire au terme des deux tours d’horloge. L’Argentin ne pouvait réver meilleurs débuts avec sa nouvelle équipe. Il a également parfaitement tenu son rang car si la course de la Yamaha fut parfaite, il a fallu aller chercher cette victoire.
Le YART pousse la BMW à la faute
En effet, longtemps, la BMW #37 a semblé en mesure de contester la victoire au YART. Solide leader durant une bonne partie de l’épreuve, elle s’est battue sans relâche avant de céder sous la pression constante imposée par la Yamaha. En début de matinée Michael Van Der Mark s’accroche avec un retardataire dans son tour de sortie et toute la machine s’enraye. Un premier retour au stand rapide, puis un autre et encore un autre. Touchée dans ses entrailles la BMW 37 laisse échapper de l’huile la faute à un cailloux coincé dans le joint de sortie de boite.

Repartie de plus belle la 37 va finalement regagner son stand plus tard pour un arret quasi définitif alors qu’elle pouvait prétendre au podium. Embrayage, plus problème moteur, elle est immobilisée jusqu’aux 5 dernières minutes. Repartie pour sauver des points au championnat la 37 termine finalement 23e mais 12e de sa catégorie. Un moindre mal. Dommage car le coup n’est pas passé loin. Il faudra trouver de la fiabilité pour l’équipe de Werner Damen. A Spa sur 8 heures passe encore mais pour le Bol en septembre, il n’y aura pas d’autre solution pour performer.
Suzuki et Kawasaki sur le podium

Derrière l’intouchable Yamaha, Suzuki et Kawasaki complètent le podium avec des fortunes diverses. La Suzuki n’a jamais vraiment été en mesure d’imposer son rythme. Un peu en retrait durant les qualifications, elle a été freinée par des soucis électroniques en début de course. Ajoutez un manque de constance pneumatique dans les premières heures de course et la Suzuki n’a pas pu peser aussi durablement sur la course qu’elle l’aurait souhaité.

De son côté, la Kawasaki a su compenser un déficit de performance pure par une remarquable régularité. Moins rapide, mais appliquée et fiable, elle a su éviter les pièges et profiter des déboires de ses rivales pour se hisser sur le podium. Une alerte en début de matinée lui a fait perdre l’espace de quelques minutes le contact du podium. Un passage aux stands express, une rampe d’injecteurs changée et la 11 est ensuite revenue dans la course pour la dernière marche. Les déboires de la BMW la propulsant définitivement à la troisième place. Si la stratégie fut payante, il faudra tout de même à Kawasaki trouver un surplus de performance pour exister sur les courses sprint de 8 heures.
Des favoris piégés par la course

Plusieurs prétendants ont vu leurs ambitions s’envoler au fil des heures. Grand absent du podium, Honda en est l’exemple le plus marquant : la CBR 1000 RR-R 5 de F.C.C. TSR Honda France était dans le match avant la chute de Corentin Perolari peu après 21 heures, reléguant l’équipe à la 12e place, à 40 tours des vainqueurs. La BMW 76 d’AutoRace Ube Racing Team, pourtant prometteuse pour une première participation avec l’expérience de Sylvain Guintoli, termine dans le top 5. Malheureusement comme le soulignait le Français, l’équipe doit se perfectionner dans ses arrets aux stands où elle a perdu beaucoup trop de temps.
Quant à la Yamaha 99, elle n’a pas réussi à concrétiser ses ambitions. Bien partie et au contact des machines de tête, elle a une nouvelle fois du composer avec la malchance. Moteur explosé au bout de 4 heures, le sort s’acharne sur cette équipe. Il sera dit que Randy De Puniet ne parviendra jamais à décrocher une victoire au Mans et même en endurance.

