Jorge Martin, oui mais…

Jorge Martín a reçu le feu vert médical pour rouler demain à Sepang. Mais entre sa détermination à défendre ses chances au championnat et les limites imposées par sa fracture, le pilote Aprilia s’apprête à relever un défi aussi douloureux que risqué.

Jorge Martin déclaré apte

Victime d’une fracture du radius du bras droit Jorge Martín lors du Sprint de Phillip Island a sérieusement compromis ses chances dans la course au titre. Lancé dans une course contre la montre pour tenter d’être en mesure de rouler, le pilote Aprilia a obtenu le feu vert aujourd’hui. Il sera demain au départ de la séance EL1. Une autorisation du médecin du MotoGP, Angel Charte qui reste toutefois conditionnée à de nouveaux examens médicaux .

Porteur d’une attelle au poignet droit, Martín ne se voile pas la face. « Je me sens bien, c’est certain. Je pourrais être dans un pire état, mais aussi dans un meilleur. Je vais essayer de rouler avec un poignet fracturé, donc ce sera forcément très difficile et très douloureux. Je vais essayer, parce que je suis dans la lutte pour le titre.»

Dix points séparent désormais le pilote Aprilia de Marc Márquez au championnat après sa chute australienne. Un écart minime qui justifie sa volonté de tenter sa chance en Malaisie. Martín assure cependant vouloir avancer étape par étape. « Je pense simplement à essayer de piloter. Je ne pense pas au championnat, ni à dimanche, ni à samedi. Je pense à demain. » Reste à savoir si son corps lui permettra de transformer cette volonté en réalité.

Jorge Martin, est-ce bien raisonnable ?

Car vouloir reprendre la piste est une chose, piloter une MotoGP avec une fracture du poignet droit en est une autre. Sur le papier, le défi paraît particulièrement compliqué. Cette main commande aussi bien le frein que l’accélérateur. Pas simple pour maîtriser une machine de près de 300 chevaux. À Sepang, le tracé et ses nombreux virages à droite risquent de solliciter intensément son poignet blessé. Martín le sait : « C’est un circuit qui tourne à droite. Globalement, ça ne s’annonce donc pas très bien. Je ne peux toujours pas me brosser les dents. Je le fais avec la main gauche, je ne peux donc presque rien faire. Peut-être que je peux piloter. » Une déclaration qui résume à elle seule le paradoxe de la situation.

Martín affirme avoir suivi toutes les thérapies possibles pour arriver dans les meilleures conditions. Il reconnaît néanmoins ne pas être pleinement en confiance. La consolidation de l’os suit son cours, mais les douleurs et les limitations fonctionnelles restent une interrogation. Martin veut tenter l’expérience, mais il ne peut pas encore savoir jusqu’où il pourra aller.

L’enjeu sportif est évident : rester au contact de Marc Márquez et préserver ses chances au championnat. Mais à quel prix ? Une douleur trop importante, une perte de mobilité ou une nouvelle chute pourraient transformer cette tentative en pari dangereux. Au-delà des points, la question est désormais de savoir si Jorge Martín peut raisonnablement prendre un tel risque sans compromettre davantage sa guérison et son intégrité physique à long terme. La détermination d’un pilote à jouer le titre est une chose ; les limites imposées par son corps en sont une autre.