En décrochant un podium à Estoril, Albert Arenas s’adjuge le titre mondial Supersport 2026. Pour sa première saison dans la catégorie, l’Espagnol a su faire parler sa régularité pour prendre le dessus sur des adversaires parfois plus rapides, mais trop irréguliers. Un sacre qui récompense une saison parfaitement maîtrisée.
Albert Arenas, l’éloge de la régularité
En sport mécanique, la vitesse ne fait pas toujours les champions. Albert Arenas en a apporté une nouvelle démonstration cette saison en Championnat du monde Supersport. Face à une concurrence particulièrement relevée, l’Espagnol a construit son titre à force de régularité, là où ses adversaires ont trop souvent laissé filer de précieux points. Avec neuf vainqueurs différents au cours de la saison, jamais la catégorie n’avait connu une telle diversité de vainqueurs. Dans ce contexte, l’Espagnol a su tirer son épingle du jeu en s’installant presque systématiquement sur le podium.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 21 courses, Arenas a signé 16 podiums, dont 11 deuxièmes places et trois victoires. Un bilan qui illustre parfaitement sa capacité à engranger des points. Car si certains de ses rivaux ont remporté davantage de courses, aucun n’a réussi à maintenir un tel niveau de performance sur la durée. Jaume Masia en début de saison puis Valentin Debise, en dépit de ses 6 succès s’y sont cassé les dents. Arenas a su limiter les dégâts dans les moments difficiles et capitaliser sur chaque occasion, comme lors de l’épreuve de Magny-Cours. Une gestion de championnat digne des plus grands, qui lui permet aujourd’hui de décrocher une nouvelle couronne mondiale.
Albert Arenas titré dès sa première année
Le sacre d’Albert Arenas est d’autant plus remarquable qu’il intervient dès sa première saison complète en WorldSSP. Pourtant, malgré son titre de champion du monde Moto3 décroché en 2020, son arrivée dans la catégorie suscitait quelques interrogations. Son parcours n’a pas été linéaire et son adaptation a parfois été complexe.

Mais l’Espagnol a rapidement dissipé les doutes. Dès les premières courses, il a démontré qu’il avait intégré le fonctionnement de sa moto et les spécificités de la catégorie. Arenas s’est immédiatement installé parmi les hommes forts du championnat. Sa lecture des courses, son sang-froid et sa capacité à éviter les erreurs ont fait la différence face à des pilotes pourtant plus expérimentés dans la discipline.
Il rejoint ainsi un cercle relativement fermé de pilotes sacrés champions du monde Supersport dès leur première saison complète. Dominique Aegerter, Andrea Locatelli, Sandro Cortese et Cal Crutchlow avaient eux aussi réussi cette performance. Un palmarès qui donne une autre dimension à la réussite du pilote espagnol.
Valentin Debise vice champion ?
Pour Valentin Debise, le rendez-vous d’Estoril s’annonçait particulièrement difficile. Le Français abordait cette dernière ligne droite face à un adversaire qui avait déjà construit une avance considérable au championnat. Avec 16 podiums en 21 courses avant la fin de la campagne, Arenas avait fait de la régularité son arme principale. Pour espérer lui ravir le titre, Debise devait non seulement réaliser un week-end presque parfait, mais également compter sur une succession de contre-performances de l’Espagnol. Autant dire qu’il aurait fallu un véritable miracle pour inverser la tendance.

Valentin Debise n’a donc renversé la situation mais il le savait. Cependant, au-delà du résultat brut, sa saison mérite d’être saluée. Face à Arenas et à une concurrence particulièrement dense, Debise a régulièrement démontré qu’il disposait du rythme nécessaire pour se battre aux avant-postes. Ses victoires ont notamment rappelé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs de la catégorie.
Cette campagne possède également une dimension particulière pour ZX Moto. Associé à l’équipe Evan Bros Racing, Debise a accompagné les débuts en compétition du constructeur chinois sur la scène mondiale. Pour une première saison, le bilan est plus qu’encourageant. Cette première campagne ouvre donc des perspectives intéressantes pour la suite. ZX Moto a démontré qu’il ne venait pas en WorldSSP pour faire de la figuration, tandis que le Français a confirmé sa capacité à jouer les premiers rôles. Reste désormais à valider définitivement cette deuxième place au championnat entre la seconde manche d’Estoril et la dernière épreuve de Jerez. Avec 46 points d’avance sur Masia, le challenge est largement à la portée de l’Albigeois.

