Le MotoGP est en pause estivale. Une pause bienvenue pour l’ensemble des acteurs. C’est pour nous l’occasion de dresser un premier bilan après cette moitié de saison particulièrement animée. Pour débuter cet état des lieux, direction Aprilia Racing. De favori à outsider Aprilia Racing a-t-elle laissé passer sa chance ?
MotoGP : Aprilia Racing, tout pour réussir

Les premiers rendez-vous de la saison ont laissé penser qu’Aprilia Racing était enfin arrivée à maturité. Grâce à une RS-GP remarquablement aboutie, le constructeur de Noale a pris une longueur d’avance sur une concurrence encore en pleine phase d’adaptation. Homogène sur tous les types de circuits, performante sur un tour comme sur la durée d’une course, la machine italienne semblait avoir trouvé le parfait équilibre. Son comportement exemplaire avec les pneumatiques Michelin utilisés lors de cette première partie de championnat a aussi été un atout majeur.

Mais on a vu par la suite que même avec les pneumatiques « standards » il en était de même. La force de l’Aprilia ? Son homogéneité pour exploiter immédiatement et parfaitement le potentiel des gommes françaises. Cette supériorité technique s’accompagnait d’un contexte particulièrement favorable. Chez Ducati, Marc Márquez et ses problèmes physiques empêchaient le sextuple champion du monde MotoGP de jouer les premiers rôles. Sans oublier quelques coups du sort comme sa jante cassée en Thailande.
Quant à la concurrence elle peinait à suivre le rythme imposé. Avec Jorge Martín en progression constante et un Marco Bezzecchi ultra dominateur le dimanche, Aprilia disposait du package le plus complet du plateau. Tout laissait donc penser que le constructeur italien tenait enfin la saison qui devait lui permettre de décrocher le sacre mondial.
MotoGP : Aprilia Racing, la machine s’enraye
Mais cette dynamique prometteuse s’est progressivement transformée en véritable cauchemar. Jorge Martín plus rapide que ce que l’on attendait s’est mis à surpiloter et est retombé dans ses travers. Impulsif voulant trop bien faire trop vite il a oublié l’essentiel apprendre sa moto. Résultat un week-end à Barcelone avec 5 chutes, une tension dans le box et avec l’équipe qu’il quittera en fin de saison. Cerise sur le gateau si l’on peut dire, son strike en Hongrie où il va expédier son coéquipier au tapis.

Dans le même temps, Marco Bezzecchi est lui aussi entré dans une spirale négative dont il n’est jamais véritablement parvenu à sortir. Les erreurs se sont multipliées, les abandons également, faisant fondre une avance qui paraissait pourtant confortable. Le tournant psychologique est sans doute intervenu lors du Grand Prix de Brno. Après l’épisode particulièrement cruel pour Aprilia,du Balaton Park À cette malchance collective sont venus s’ajouter les propres difficultés de Bezzecchi, auteur de plusieurs nouvelles chutes et sanctionné d’une suspension après son geste d’humeur envers un commissaire de piste.En République Tcheque, l’Italien a tout simplement pété les plombs.

Une succession d’événements qui a totalement inversé la tendance. Le contraste est d’autant plus saisissant qu’au soir du Grand Prix d’Italie, Marco Bezzecchi comptait 102 points d’avance sur Marc Márquez. Au moment de partir en vacances, Martin est devenu leader et Bezzecchi n’est plus que cinquième au provisoire. Bonus il est parti en congès avec une clavicule cassée. Aprilia est passée du statut de favori à celui d’équipe en quête de rédemption pour la seconde moitié de saison.
MotoGP : Aprilia Racing, réaction attendue
Malgré cette spectaculaire perte de vitesse, Aprilia Racing conserve l’essentiel. Jorge Martín abordera la reprise avec une courte avance en tête du championnat du monde. Un avantage qui reste toutefois particulièrement fragile face à Marc Márquez. Marco Bezzecchi aborde quant à lui cette pause estivale dans une situation bien plus délicate. Victime d’une fracture de la clavicule,

L’Italien est parti en vacances contraint de poursuivre sa convalescence avant de pouvoir repartir à l’assaut des circuits. Au-delà de son état physique, c’est surtout son retard au championnat qui constitue désormais son principal défi. Après avoir laissé échapper de très nombreux points, le pilote italien n’a désormais plus le droit à l’erreur. S’il veut encore jouer un rôle dans la course au titre, il doit performer d’entrée à Silverstone. Sans oublier, le combat psychologique que va insuffler Marquez.

Reste enfin un sujet particulièrement sensible que Massimo Rivola et les dirigeants d’Aprilia devront gérer avec beaucoup de finesse. Quid de la cohabitation entre leurs deux pilotes ? D’un côté, Marco Bezzecchi représente l’avenir du constructeur puisqu’il poursuivra l’aventure à Noale. De l’autre, Jorge Martín disputera sa dernière saison sous les couleurs d’Aprilia avant son départ annoncé vers Yamaha en 2027. Une situation rendue encore plus délicate par les tensions. Entre le pilote espagnol, Massimo Rivola et une partie de l’équipe la fin de saison peut être explosive..
Le risque serait de voir ce contexte parasiter la fin de saison. Aprilia doit rester focalisée sur son véritable adversaire. Car au-delà de la rivalité interne, le principal danger porte un nom : Marc Márquez. L’Espagnol se présente comme l’homme fort de cette seconde moitié de championnat. Il sera à n’en pas douter le plus sérieux rival pour contester les ambitions mondiales du constructeur italien. Sans oublier une certaine équipe Aprilia Trackhouse dont nous reparlerons dans le prochain article….

