Les 8 Heures de Suzuka ont été largement perturbées par la pluie et les neutralisations de course. Cela n’a pas empêché la Honda HRC officielle de s’imposer sur une course terminée derrière la voiture de sécurité. Elle s’impose devant la Yamaha officielle et sur un écart encore plus réduit que l’an passé. La dernière marche du podium revient à la BMW 37 qui permet à une marque européenne de finir pour la première fois dans le top 3 de l’épreuve.
8 Heures de Suzuka : que d’eau que d’eau
Les 8 Heures de Suzuka ont vécu une édition particulièrement arrosée. Une première depuis pas mal de temps, mais une conséquence logique de l’avancée de l’épreuve au calendrier. Traditionnellement programmées fin juillet, les 8 heures ont été avancées d’un mois cette saison. Si les teams ont reconnu beaucoup moins souffrir de la chaleur, ils ont en revanche étaient copieusement arrosés. En effet cette période de l’été correspond à la fin de la période des typhons et les orages et précipitations sont monnaie courante. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’édition 2026 n’aura pas été épargnée.

Samedi le Top 10 Trial a été annulé et pour la course, les pilotes ont été largement arrosés. La seule accalmie a permis au départ de pouvoir se dérouler dans des conditions normales. Ensuite se fut plus complexe, jusqu’à la fin de la course sous régime de voiture de sécurité, une première pour l’épreuve. Lors d’édition précédente, le départ avait été retardé mais jamais la course ne s’était achevée ainsi. A 25 minutes de l’arrivée, la pluie redoublant d’intensité, la direction de course a pris la bonne décision de neutraliser la course. Les deux voitures de sécurité sont entré en piste et mené les pilotes jusqu’au drapeau à damiers. A la limite on aurait même pu sortir le drapeau rouge.
8 Heures de Suzuka : Honda et Takahashi dans l’histoire

En dépit de toutes ces péripéties, la course a tout de même livré son verdict. Au terme d’une course extrêmement difficile, Honda est sorti une nouvelle fois vainqueur de son duel avec Yamaha. Comme l’an passé, le team HRC a disputé l’épreuve à deux contre trois pilotes. Cette fois il s’agissait d’une décision assumée. L’an passé Takahashi et Zarco avaient du composer avec l’absence de coéquipier. Cette année Rea et ce même Takahashi ont du faire sans le renfort de Chantra, trop juste coté rythme. Comme l’an passé, la Honda a fait sa course creusé un léger écart et s’est appliqué à le conserver jusqu’au terme de l’épreuve.

Au plus fort, la Honda a compté jusqu’à 30 secondes d’avance. Jack Miller sur la Yamaha a fait le forcing pour revenir à 15 secondes lorsque Takahashi était dans le dur. Sur le séchant l’Australien semblait irrésistible mais la pluie est venu à nouveau brouiller les cartes. Rea aux commandes a remis un peu de distance avec la Yamaha et Takahashi a fini le travail. Son dernier relais a été bref puisqu’après 20 minutes la voiture de sécurité est entré en piste, neutralisant l’épreuve jusqu’à son terme. De fait Honda réussi à s’imposer pour la cinquième fois consécutive, une première, Takumi Takahashi obtient son huitième succès et Honda son 32e en 47 éditions.
8 Heures de Suzuka : Yamaha encore raté
Un succès qui a une nouvelle fois contraint Yamaha à s’incliner. Pourtant l’usine avait décidé de reconduire le même trio que l’an passé. Locatelli, Miller et Nakasuga n’ont malheureusement pas su inverser les choses et ont une nouvelle fois été battus. Chose surprenante cette année Nakasuga, quatre fois vainqueurs de l’épreuve a été nettement en retrait par rapport à ses coéquipiers. Il a laissé Locatelli et Miller faire le gros du boulot et leur a rendu un hommage plus que mérité. Malheureusement pour Yamaha, la 21 a payé un début de course compliqué de Jack Miller.

De retour au stand après son premier relais, le pilote MotoGP était passablement énervé. L’Australien a expliqué qu’il n’était jamais parvenu à trouver le grip sur le pneu arrière. L’écart s’est donc rapidement creusé et jamais la Yamaha n’a été en mesure d’inverser la tendance. Deuxième pour la deuxième fois consécutive, Jack Miller a pris rendez vous pour la saison prochaine. Il espère cette fois qu’il pourra inverser les choses. Reste à savoir s’il sera toujours pilote Yamaha. Son avenir en MotoGP étant des plus incertain pas sur qu’il soit de nouveau au départ. A moins qu’il ne trouve refuge au sein de l’équipe officielle de Superbike….
8 Heures de Suzuka : BMW dans l’histoire

Avec leur deuxième temps des essais, les hommes de BMW avaient un objectif en tête pour la course. Etre la première marque européenne à monter sur le podium de Suzuka. S’ils y sont parvenu, les hommes de Werner Damen n’ont pas eu la partie facile. Plus que de se battre pour la course en tête, ils ont du composer avec une autre BMW. Celle du team Autorace Ube Racing. A son guidon Naomichi Uramoto a réalisé une véritable démonstration sous les conditions dantesques de cette édition. Le japonais était par moment le plus rapide en piste.

Associé à Sylvain Guintoli ils ont même pointé en tête de la course. Longtemps deuxièmes du provisoire ils ont été pénalisés par un stop and go dans la septième heure de course. De fait ils ont perdu le podium mais aussi offert cette dernière marche à l’autre BMW. Ainsi troisième l’équipe de Werner Damen réalise l’exploit d’être la première marque européenne sur le podium de l’épreuve mythique japonaise. C’est aussi une bonne opération au championnat puisque la 37 termine devant la Yamaha du YART et la Suzuki du Yoshimura SERT Motul.
Teams permanents : du bon et du moins bon

Du coté du YART justement, l’équipe championne du monde en titre a réalisé une belle course et termine 4e. Après deux échecs à Suzuka le YART conforte son avance au championnat et garde à distance confortable ses adversaires. La BMW donc qui est désormais deuxième du championnat et la Suzuki du Yoshimura SERT Motul. Désormais 3e à 26 points des leaders, les hommes de Damien Saulnier terminent sixièmes après une course solide mais où ils n’ont pas pu peser comme l’an passé. La faute à un stop and go qui leur coute une place dans le top 5 à minima.

33 points derrière les leaders on retrouve désormais la Kawasaki 11 qui aura vécue une fin de course difficile. Ecartée du Top 6 par l’entrée en piste du deuxième Safety Car, la Kawasaki a du repasser par les stands à moins d’une heure trente de la fin de course. Une petite chute de Grégory Leblanc en a été la raison. Le français a été bien mal récompensé de ses efforts en piste. Parti 14e il a effectué un premier relais de près de 3 heures et ramené la moto en 6e position. Il a ensuite doublé un autre relais pour au final passer plus de 5 heures sur la moto durant l’épreuve. 13e à l’arrivée les verts sont mathématiquement toujours en vie dans la course au titre.

La poisse continue
Malheureusement ce n’est plus le cas de la Yamaha Elf Marc VDS KM 99 pourtant 3e des essais. Elle espérait un bon résultat à Suzuka et encore une fois la malchance ne l’a pas épargnée. Florian Marino au guidon lors du départ a fait partie des victimes des projections d’huile sur la piste d’un concurrent. Résultat, une machine lourdement endommagée et une plongée dans les profondeurs du classement. Repartie au dela de la 43e place elle termine 30e. On se demande bien quand cette poisse va lâcher l’équipe belge.

Une poisse qui s’acharne également sur deux autres machines cette saison. La première n’est autre que la Honda FCC TSR Honda France qui a encore vécu une course chaotique. Dans le groupe de tête aux premières heures de course, elle a d’abord perdu le contact en se retrouvant derrière le mauvais Safety Car. Ensuite Alan Techer a été victime d’une panne d’essence qui a ruiné tous les espoirs de bien figurer. 26e à l’arrivée une course à oublier. Même constat pour l’autre Honda du team Tati Team. Pénalisée par ses pneumatiques aux essais, elle a de nouveau été frappée par le sort en course. Une durite s’est rompue en début de course entrainant le serrage moteur et un abandon. Un de plus. Difficile pour la famille Enjolras et ses pilotes qui comptent sur le Bol pour terminer sur une note positive.

Le Bol d’Or finale à suspens
Le Bol d’Or justement sera le dernier rendez vous de la saison mi septembre. Un dernier opus qui devrait nous valoir encore bien du suspens car mathématiquement parlant tout reste à faire. Les cinq premières équipes du classement peuvent y croire. Bien sur le Yamaha YART arrivera avec une avance confortable mais pas déterminante. Rappelons qu’il y aura, qualification comprise 65 points à aller chercher. Avec plus de 20 points d’avance l’équipe autrichienne a de quoi voir venir mais cela ne veut pas dire qu’elle aura la vie belle. Tous les scénarios sont donc possibles et on se rappellera que le titre l’an passé est tombé dans son escarcelle à 25 minutes du terme de la course….

