Raúl Fernandez a signé une victoire magistrale ce dimanche à Silverstone, en menant le Grand Prix de Grande-Bretagne de bout en bout. Une performance qui permet à Aprilia de réaliser un exceptionnel triplé, avec Jorge Martín deuxième et Marco Bezzecchi troisième.
Raul Fernandez intouchable

Parti depuis la deuxième position sur la grille, juste derrière Jorge Martín, Raúl Fernandez a rapidement pris les commandes de la course. Le départ de Martín, pénalisé par un problème avec son variateur d’assiette à l’entrée du premier virage, a offert les commandes à l’Espagnol. Il n’a ensuite jamais été inquiété. Dès les premiers tours, Fernandez a imprimé un rythme impressionnant et creusé l’écart. A la mi course il compte plus de 4 secondes d’avance sur Martin. Sur l’ancienne base de la Royal Air Force Fernandez s’envole littéralement

Raúl Fernandez n’a ensuite plus eu qu’à gérer son avance et son pneu arrière pour aller chercher une victoire incontestable. Le pilote Trackhouse décroche ainsi le deuxième Grand Prix de sa carrière, après son premier succès obtenu en 2023 en Australie. Une victoire qui prend également une dimension particulière. Elle intervient quelques jours seulement après la prolongation de son contrat avec Aprilia Trackhouse. L’Espagnol ne pouvait donc pas imaginer meilleure manière de répondre à la confiance accordée par son employeur.
Raul Fernandez gagne Martin aussi
Derrière l’intouchable Fernandez, Jorge Martín a dû se contenter de la deuxième place. Le leader du championnat avait pourtant toutes les cartes en main après avoir décroché la pole position puis remporté le Sprint samedi. Mais son départ a rapidement compromis ses ambitions de victoire. En voulant absolument conserver la tête au premier virage, Martín n’a pas suffisamment freiné et son variateur de hauteur arrière est resté bloqué en position basse. Il a alors perdu plusieurs places avant de devoir reconstruire sa course.« Je pense que c’était de ma faute, en voulant rester premier. En freinant un peu, j’aurais pu rester deuxième derrière Raúl mais j’ai été trop optimiste », reconnaissait d’ailleurs Martín à l’arrivée.

Revenu progressivement sur Bezzecchi, il a récupéré la deuxième place, mais Fernández était alors déjà hors de portée. « Quand j’étais deuxième, Raúl avait déjà environ cinq secondes d’avance », explique-il, tout en saluant la gestion du pilote Trackhouse.

Cette deuxième place constitue néanmoins une excellente opération au championnat. Alors que les cinq premiers se tenaient en seulement 24 points avant Silverstone, Martín repart d’Angleterre avec 31 points d’avance. Son nouveau dauphin s’appelle , Marco Bezzecchi. La chute d’Ai Ogura, a également largement contribué à ce résultat. Le pilote Aprilia confirme surtout sa régularité et sa vitesse retrouvée : « Ce qui est important pour moi, c’est que je suis de nouveau solide, rapide ». Si Ogura a craqué, Martin entend bien poursuivre sur cette dynamique.
Raul Fernandez et Marco Bezzecchi assurent

Derrière Fernandez et Martin, Marco Bezzecchi a complété le triomphe d’Aprilia en décrochant la troisième marche du podium. Un résultat d’autant plus remarquable que l’Italien a souffert sur le plan physique, car toujours en convalescence. Déjà deuxième du Sprint samedi, Bezzecchi a remis ça dimanche en résistant jusqu’au bout aux assauts d’Álex Márquez.

Le pilote Aprilia a pourtant vu le pilote Ducati Gresini le dépasser avant qu’il ne commette une erreur. Reparti cinquième il est revenu dans le groupe de tête, sans pouvoir reprendre cette place à Bezzecchi . L’Italien signe ainsi un podium particulièrement important compte tenu de son état physique. Il permet à Aprilia de réaliser un triplé historique à Silverstone et de revenir en deuxième position au provisoire.
Marc Marquez dans le dur
Chez Ducati, le constat est beaucoup plus contrasté. Marc Márquez, bien parti dans les premiers tours, a progressivement rétrogradé jusqu’à la septième place. Le champion du monde en titre a été dépassé successivement par son frère , Pedro Acosta puis Fabio Di Giannantonio. Sans vraiment pouvoir repliquer.

Dans le dur l’ainé de la fratrie n’a pu que constater les dégats à l’arrivée. Le pilote Ducati a cette fois reconnu que la limite venait de lui : « Moi-même », a-t-il simplement répondu lorsqu’il a été interrogé sur les raisons de son résultat. « La moto fonctionnait bien, le pneu fonctionnait bien. Simplement, aujourd’hui, je n’ai pas réussi à trouver le moyen de faire mieux. » On le sait Silverstone n’est pas forcément sa tasse de thé et Marquez a certainement limité les dégats en attendant Aragon.

Sans occulter que physiquement parlant il n’est pas encore au top « Aujourd’hui, c’était la première fois que j’ai réussi à bien piloter pendant le time attack, mais c’est sur l’endurance que je dois essayer de progresser. » Avec cette septième place, Marquez accuse désormais 40 points de retard sur Jorge Martín et pointe au 4e rang. On comprend tout de suite mieux pourquoi Aragon sera un rendez vous d’importance pour l’officiel Ducati. Sur un circuit anti horaire où il est intouchable Marquez va devoir réagir. Voilà qui promet.

