Ducati fin d’hégémonie ?

Ducati en souffrance à Buriram lors de l’ouverture de la saison MotoGP, c’est une évidence. Faut il pour autant y voir la fin d’une domination sans faille depuis plusieurs saisons ? Ducati ne se repose t »elle pas trop sur Marc Marquez ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Ducati dans le dur

En Thailande, Ducati n’a pas réalisé le début de saison que l’on attendait. Enfin surtout du coté de Borgo Panigale. En difficulté dès les essais, le team officiel a vu Marc Marquez « sauver les meubles » en qualification avec le deuxième temps. Auparavant, on l’avait vu plus d’une fois rater ses entrées de virages et ses chronos avaient du mal à se rapprocher de ceux de la concurrence. Bête de course s’il en est Marc Marquez a pourtant tout fait pour rejoindre la plus haute marche du podium. Qui plus est en serrant les dents car son épaule n’est malheureusement pas tout à fait opérationnelle. En Sprint il a du composer avec Acosta et la direction de course. L’un dans l’autre même s’il termine deuxième on peut logiquement dire que c’était sa place.

Marco Bezzecchi était au dessus du lot et sans son erreur Marquez n’aurait pu lui contester la victoire. Le dimanche le sort s’est acharné avec cette jante cassée alors qu’il revenait au contact du duo qui se disputait les dernières marches du podium. On aurait donc pu se dire que jusque là tout allait bien pour Ducati et que l’on ne peut lutter contre la malchance. Malheureusement le constat est plus complexe. Car derrière Marquez les 3 autres pilotes disposant de la GP 26 n’ont pas été à la fête. On va y revenir. Une situation qui met donc en évidence une dépendance au talent de Marquez et qui cache peut être un mal plus profond et surtout une dérive qui a déjà été constatée chez Honda.

Ducati, Marc Marquez dépendant

On le sait Marc Marquez va prolonger son bail chez Ducati pour deux saisons. Après son titre et son retour exceptionnel en 2023 rien d’illogique à tout cela. En revanche on voit que depuis l’an passé seul l’Espagnol arrive a être constant au guidon des dernières productions de Bologne. L’an passé, Francesco Bagnaia a sombré et Fabio Di Giannantonio n’a pas affiché une constance exceptionnelle tout au long de la saison.

Seul Alex Marquez a déjoué tous les pronostics en tenant la dragée haute à son frère. L’explication rationnelle tient pourtant à un fait. Le cadet de la fratrie Marquez disposait de la GP 24, certainement la Ducati la plus aboutie de ces 3 dernières saisons. Pour s’en convaincre il suffit de regarder le résultat d’ Alex sur ce Grand Prix de Thailande 2026. Il repart de Buriram sans aucun point au compteur. L’an passé il avait terminé deuxième de chaque course. Comme l’on dit il n’y a pas de fumée sans feu. Même Alex le reconnait en avouant que cette GP26 est plus complexe.

Pourtant chez Ducati on avoue avoir travaillé pour rendre la GP 26 plus précise de l’avant. Point qui focalisait l’attention en 2025. Pecco Bagnaia semblait même avoir retrouvé ses sensations. Pourtant, lors du Grand Prix, il a disparu alors qu’il était dans la roue de Marc Marquez durant les tests. Le double champion du monde a avoué ne pas comprendre la situation. Mais aussi et surtout son incapacité à s’adapter au changement de condition de la piste lors du GP. Au final, Marquez sur la jante, c’est Di Giannantonio qui a été le plus compétitif des pilotes Ducati dimanche. Reste qu’il termine avec plus de 16 secondes de retard sur le vainqueur du jour. Un gouffre pour une Ducati et du jamais vu depuis un moment.

Ducati GP 26 incompatibilité pneumatique ?

Si Marc Marquez tient pour l’instant la maison rouge à bout de bras, il ne faut pas non plus crier au feu. A Buriram, certains faits expliquent également la contre performance de la firme italienne. Notamment son incompatibilité avec la gamme de pneumatiques Michelin disponible sur ce Grand Prix. En effet, à Buriram, le manufacturier français avait mis à disposition une gamme de pneumatiques à la conception renforcée. Une spécificité qui déjà l’an passé avait posé des problèmes aux pilotes Ducati.

C’était en Indonésie sur le tracé de Mandalika. Fermin Aldeguer y avait remporté son premier Grand Prix et terminé 2e du Sprint sauvant l’honneur Ducati. Bien sur cela n’explique pas tout eton en est conscient chez Ducati . Reste qu’il faut désormais comprendre, analyser et trouver les solutions pour que cela ne se reproduise plus. Ou tout du moins que cela impact de façon moindre le comportement de la Ducati GP26.

Ducati un écart qui se réduit

Si cette monte n’a pas fonctionnée avec les Ducati, elle n’a pas empêché Aprilia et la KTM d’Acosta de performer. Il y a donc des leçons à tirer de tout cela. Faut il s’alarmer pour autant ? On est loin tout de même de la situation de crise à Bologne. D’autant que si la corrélation entre dotation pneumatique et comportement délicat est avérée, cette dernière ne sera pas celle de tous les Grand Prix. On la revera en Indonésie cela parait certain mais pour le reste il est urgent d’attendre. On le sait, le championnat se lance réellement lorsque le paddock arrive à Jerez.

Nous aurons alors disputé logiquement 4 Grand Prix. Vu les événements géopolitique le Qatar risque bien d’être annulé. Il sera donc grand temps de faire un premier bilan. Reste une évidence cependant l’avance de Ducati sur ses adversaires n’est plus aussi conséquente. Aprilia a démontré à Buriram une homogénéité de performance très intéressante. Bezzecchi sur un nuage, Martin sur une phase ascendante et les deux pilotes Trackhouse présents aux avants postes. En cela on peut se réjouir d’une adversité plus musclée. Si en plus Pedro Acosta a la bonne idée de ne plus confondre vitesse et précipitation cela nous promet une saison bien plus ouverte que prévu

On ne va certainement pas s’en plaindre.