Les tests de Sepang, sont déjà riches en enseignements et lourds de tendances fortes. Les protagonistes de la saison 2026 y ont dévoilé une partie de leurs cartes. Si Ducati ou Aprilia semblent déjà prêts à jouer aux avants postes, Yamaha a compris que le chemin sera encore long avant d’atteindre le sommet.
Tests de Sepang : Ducati déjà hors d’atteinte ?

Difficile de ne pas placer Ducati au sommet de la hiérarchie après ces trois jours en Malaisie. Même si les chronos ne représentent pas une référence absolue surtout à Sepang, ils dégagent tout de même une certaine tendance. La firme de Borgo Panigale repart avec le meilleur temps des essais, réalisé, comme l’an passé par Alex Márquez.
Le vice-champion du monde a signé le meilleur temps du en 1’56.402. Mais plus que ce chrono quasi identique à celui de l’an passé, on retient surtout sa performance lors de la simulation de Sprint. Plus rapide que la course d’octobre dernier, elle est la preuve d’une constance déjà redoutable. Une chose est sure, l’écosystème Ducati fonctionne à plein régime.

Fabio Di Giannantonio chez VR46 confirme son excellente adaptation à la GP26, et Franco Morbidelli progresse avec une GP25 « hybride ». L’Italien a semble t’il roulé avec un chassis GP 24 et un moteur 25.

Bonne nouvelle également au sein de la structure officielle. Pecco Bagnaia a retrouvé des sensations avec une GP 26 plus « constante » coté train avant. Mais attention l’an passé, l’Italien était globalement dans les mêmes chronos et on connait la suite. D’ailleurs Bagnaia, l’a reconnu, il est toujours à l’aise à Sepang et ce n’est pour lui pas le meilleur circuit pour lever des « loups » sur une moto.
Du coté de Marc Márquez les doutes sont levés sur sa condition physique et son épaule. LE champion du monde en titre l’a confirmé, il n’a plus de gène mais a besoin de peaufiné sa condition physique. La pluie du deuxième jour lui a permis de souffler un peu.

Coté piste, Marquez a multiplié les essais aérodynamiques, alternant entre packages 2025 et 2026. Il s’est même offert sa première chute sans gravité de la saison. Satisfait de ses trois jours Marc Marquez devra toutefois à trancher définitivement sur l’aérodynamique et stabiliser les choix techniques lors des derniers tests de Buriram.
Mais à ce stade, Ducati semble déjà jouer dans une autre dimension. Pour ceux qui pensaient qu’il serait difficile de faire une GP 26 encore plus performante, visiblement Ducati y est encore parvenu…
Tests de Sepang : Aprilia repose sur Bezzecchi

Aprilia quitte Sepang avec des raisons solides d’y croire, et un homme fort : Marco Bezzecchi. Deuxième du Test, auteur d’une simulation de sprint très convaincante en 1’58, l’Italien a porté l’usine de Noale sur ses épaules en l’absence de Jorge Martín. Sur un circuit historiquement compliqué pour Aprilia, la RS-GP a pourtant montré un visage très encourageant.
Un résultat porté par un gros travail aérodynamique sur l’arrière de la selle et à l’introduction d’un nouveaux bras oscillant. Bezzecchi s’est montré rapide, constant et capable de hausser le rythme en fin de séance, au plus chaud de la journée. Signe confirmant une moto plus saine sur la durée.

Derrière lui, Trackhouse progresse : Raúl Fernández a effacé ses démons de Sepang avec un top 10 solide et Ai Ogura continue son apprentissage méthodique. Le principal point d’amélioration reste la profondeur de performance : Aprilia dépend encore beaucoup de Bezzecchi pour exister au sommet. Le retour de Martin en Thailande permettra certainement de confirmer le potentiel de la marque de Noale et sa compétitivité face à l’armada Ducati.
Tests de Sepang : Honda s’affirme

Honda repart de Malaisie avec un message clair : les progrès sont réels. Joan Mir a marqué les esprits en devenant le premier pilote Honda à descendre sous les 1’57 à Sepang. Mieux, il signe tout simplement le meilleur chrono jamais réalisé par la marque sur ce circuit. Cinquième au cumul des 3 jours, le champion du monde 2020 illustre la montée en puissance de la RC213V 2026.
Malgré des conditions délicates et un manque d’adhérence lié à la pluie, Honda a avancé sur tous les fronts : moteur, châssis et électronique. Coté pilotes c’est surtout, les performances moteurs nettement à la hausse qui ont été unanimement saluées.
Chez LCR Johann Zarco a été plus lent à se mettre au diapason des pilotes HRC. Le français avoue avoir trouvé sa base de référence seulement le dernier jour mais semble confiant pour l’avenir. Reste que la motricité demande encore a être peaufiné. Mir se plaint d’un manque d’adhérence en sortie de virage. Johann Zarco lors de sa simulation a noté un gros drop entre pneu neuf et usé. Voilà qui mérite attention.

Quant au rookie Diogo Moreira il reste encore du travail à fournir, rien d’anormal à cela. Plutôt à l’aise dans les virages serrés, le Brésilien doit maintenant progresser dans les courbes rapides. Reste que chez LCR on est agréablement surpris par l’attitude et la progression du champion du monde Moto2.
Tests de Sepang : KTM, la bonne surprise 2026 ?
Sans faire de bruit, KTM a signé un Test de Sepang très encourageant. Pedro Acosta et Maverick Viñales terminent respectivement 8e et 9e, séparés par seulement dix millièmes. Preuve d’un niveau de performance homogène entre équipes usine et satellite.

Acosta a flirté avec les 1’56, améliorant la meilleure référence KTM sur le circuit. De son coté Viñales s’est montré particulièrement enthousiaste quant aux nouvelles évolutions testées, châssis, bras oscillants et aérodynamique. L’autre bonne nouvelle pour l’Espagnol c’est une épaule désormais 100% opérationnelle.

Toujours chez Tech3, Enéa Bastianini confirme une montée en régime rassurante. Quant à Binder, sans chercher le chrono, le coéquipier d’Acosta s’est concentré sur le développement pur. Le point fort de KTM réside dans la cohérence du package et la clarté des retours pilotes. Le point faible reste la capacité à se montrer performant sur un tour et donc de transformer ce potentiel en performances de référence. Mais si la trajectoire se confirme, KTM pourrait bien être l’outsider sérieux de 2026.
Tests de Sepang : Yamaha, essuie les plâtres

Chez Yamaha, le Test de Sepang a surtout ressemblé à une course contre la montre. L’introduction de la YZR-M1 V4 représente un virage technologique majeur, mais les débuts sont compliqués. Problèmes moteurs, chute de Fabio Quartararo et immobilisation du V4 : le projet avance, mais dans la douleur. Alex Rins, a dû assumer une grande partie du travail, en l’absence de Quartararo. Suite à sa chute le français préféré se préserver pour revenir le plus frais physiquement en Thailande.

Du côté de Pramac, Jack Miller et Toprak Razgatlioglu ont accumulé les kilomètres. Le Turc cherchant des repères sur une machine totalement différente de sa BMW de Superbike. Yamaha teste beaucoup : châssis, bras oscillants, aérodynamique avant et arrière, ergonomie. Mais le manque de constance freine l’évaluation réelle du potentiel. Le défi est immense, peut-être trop à court terme, mais la marque d’Iwata n’a plus le choix. Nul doute que les deux semaines qui nous séparent de la prochaine cession de tests vont être exploitées au maximum. Voilà qui promet et on a hâte…

