Suzuki : un sans faute frustrant

Suzuki a remporté la 88e édition du Bol d’Or ce week-end sur le circuit Paul Ricard. Une victoire sans aucune contestation possible tant la domination de la Yoshimura SERT Motul a été évidente. Pole, record de la piste et passage en tête à chaque classement intermédiaire et troisième victoire consécutive.  Seul regret, le titre de champion du monde qui lui échappe pour un point.

Suzuki dans son jardin

La Suzuki Yoshimura SERT Motul s’impose pour la troisième fois consécutive au Bol d’Or. C’est aussi la 21e victoire de la marque sur cette épreuve. Une domination sans partage.

Après la pôle position et la démonstration d’Etienne Masson aux essais qualificatifs, la Suzuki numéro un faisait officie de favori à la victoire pour ce 88e Bol d’Or. Une victoire qu’il lui fallait absolument remporter pour espérer décrocher in extremis un nouveau titre de champion du monde. Mais plus que la victoire il fallait réaliser également un carton plein et récolter les 65 points mis en jeu durant le week-end. Un challenge loin d’être évident vu les adversaires au départ. Au sein du Yoshimura SERT Motul la confiance restait de mise au départ sachant que l’équipe restait sur deux victoires consécutives au Paul Ricard.

« On connait bien notre moto, l’équipe technique l’a encore fait progresser et le tracé convient bien à notre GSX-R » expliquait Etienne Masson en conférence de presse d’avant course. De quoi partir confiant mais pas forcément euphorique. Car si il est bien une science inexacte c’est bien l’endurance. Avec deux tours d’horloge à boucler, la tâche n’en devient que plus ardue.

Suzuki sur une autre planète

Dan Linfoot (photo) Gregg Black et Etienne Masson ont réalisé une course parfaite. Pas la moindre erreur en piste et surtout une homogénéité en terme de rythme qui leur a permis de résister à tous leurs adversaires.

Dès le début de course la Suzuki numéro 1 n’a pas laché les avants postes. Si elle a du composer dans un premier temps avec la Honda officielle, elle s’est ensuite appliqué à jouer une partition qu’elle connait sur le bout des doigts. Coté piste, 3 pilotes, Gregg Black, Etienne Masson et Dan Linfoot aussi rapides qu’homogènes et constants dans leurs chronos. Coté stand une équipe parmi les plus efficace du plateau pour ne pas dire la plus efficace. Hormis un stop and go pour un feu resté allumé durant un ravitaillement et un souci technique récurrent impactant le pilotage, rien n’a freiné sa marche en avant. Pourtant, la course n’a pas été une partie de plaisir. La Suzuki n’a jamais compté plus d’un tour d’avance sur sa poursuivante immédiate. Impossible donc de gérer ou de se relâcher tant sur la piste que dans les stands.

Carton presque plein

La victoire n’aura pas suffit pour décrocher un nouveau titre. La Suzuki échoue un point derrière la Yamaha YART. En marquant le maximum de points possibles en course, le SERT devait aussi compter sur un petit coup de pouce du destin qui n’est pas venu. Comme l’a dit Etienne Masson, « on a fait le maximum mais nous n’avions pas notre destin entre les mains« .

Passée en tête après 8 et 16 heures de course, la Suzuki numéro un a tenu son rang en empochant le maximum de points qui lui était possible de récolter. Une collecte de 65 points sur 65 qui reste malheureusement insuffisante pour renverser la table et s’offrir un deuxième titre de rang. « C’est vrai qu’il y a cette frustration d’échouer si pres du but. » explique Gregg Black en conférence de presse avant de poursuivre « Le titre on le perd surtout en raison de nos erreurs du Mans mais on a démontré tout le potentiel de notre moto, sa fiabilité et l’efficacité de l’équipe technique dans les stands. On est tout de même très contents de cette troisième victoire successive. » Finalement deuxième du championnat à un point de la Yamaha victorieuse, le Yoshimura SERT Motul donne déjà rendez vous à la saison prochaine pour prendre sa revanche…