Raúl Fernández a frappé fort lors de la première journée du Grand Prix d’Indonésie. Le pilote Trackhouse a dominé les essais en battant le record de Mandalika, devant Marco Bezzecchi et Jorge Martín. Un triplé Aprilia qui confirme la supériorité de la marque italienne. Marc Márquez n’est pas loin pour autant. Fabio Quartararo s’est qualifié pour la Q2 malgré une grosse chute, alors que Johann Zarco termine 18e.
Raul Fernandez s’offre le record
Raúl Fernández a assommé la concurrence en fin de séance. Après avoir contesté la première place à Marco Bezzecchi durant une bonne partie de la « practice », le pilote Trackhouse a mis tout le monde d’accord dans le dernier quart d’heure. Nouveau record du circuit de Mandalika à la clé. Sacrée performance pour celui qui avait disparu des radars depuis son renouvellement de contrat.

Marc Márquez est à sept dixièmes et Marco Bezzecchi à 0’’473. Le pilote Trackhouse a ensuite profité de son dernier relais, chaussé de deux pneus tendres, pour faire la différence. Derrière Bezzecchi, Martín et Pedro Acosta, sont respectivement 3e et 4e. Déjà sur le podium de la Sprint l’an passé Fernandez confirme que l’Indonésie peut très bien lui convenir.
Raul Fernandez devant les officiels
Une hiérarchie qui conforte que la marque de Noale aborde ce rendez-vous avec de solides arguments. Marco Bezzecchi reste cependant le grandissime favori du week-end un peu contraint et forcé compte tenu de son retard au championnat. L’Italien deuxième a confirmé son potentiel mais à une demi-seconde du pilote Trackhouse. Jorge Martín, troisième, n’est pas en reste. L’Espagnol sait que Mandalika peut lui réussir vu qu’il y a déjà remporté une course en 2024.

Dans ce contexte, Fernández pourrait bien jouer les trouble-fêtes au sein même du clan Aprilia. Reste à savoir si cette hiérarchie se confirmera lors des qualifications et des courses, lorsque la gestion des pneus et la régularité prendront toute leur importance. Pour Aprilia, disposer de trois pilotes capables de jouer devant est une force. Pour les ambitions individuelles de Bezzecchi et Martín, c’est aussi une concurrence supplémentaire.
Raul Fernandez, allié de Márquez ?
Si le record de Fernández ne fait pas les affaires de Marc Márquez, il pose donc question sur la suite du week-end. Marc Marquez cinquième ne cède pas à la panique. Il préfère retenir les éléments positifs de son vendredi. « Bien, mieux que prévu », a-t-il résumé, reconnaissant avoir abordé cette première journée avec la crainte d’être davantage en difficulté. « Les Aprilia ont une longueur d’avance. C’est réel. Ce ne sont peut-être pas sept dixièmes, ce sont peut-être cinq, mais Raúl avait une bonne longueur d’avance. »

Pour autant Márquez jouera sa carte à fond en fonction des circonstances et le fait de voir Fernandez devant les officiels Aprilia n’est pas pour lui déplaire. Dans cette configuration, Fernández pourrait même devenir un « allié de circonstance ». Le scénario idéal pour Márquez serait de voir le pilote Trackhouse devancer les deux pilotes officiels histoire de perdre le moins de points possible. Sauf si Fernández s’intercale entre les pilotes officiels et Márquez. De quoi poser une question délicate : Aprilia va-elle être tentée de passer des consignes à ses pilotes « satellite » dans l’intérêt de l’équipe officielle ? Rien ne permet de l’affirmer. Du résultat de la qualification dépendront beaucoup de choses…
Fabio Quartararo, la Q2 dans la frayeur
Fabio Quartararo a vécu une journée contrastée, entre une performance encourageante et une grosse frayeur. Le Français a d’abord signé un bon troisième temps, avant de perdre le contrôle de sa Yamaha à haute vitesse dans le virage 7. Plus de peur que de mal en apparence, mais le pilote français s’est relevé avec des douleurs au pouce et à l’épaule droite. Les examens n’ont révélé aucune fracture, même si la gêne au pouce pourrait compliquer son week-end. « Heureusement, rien n’est cassé, c’est juste musculaire au niveau du pouce, donc j’ai pu remonter sur la moto », a-t-il expliqué.

Quartararo a reconnu avoir commis une erreur en tentant une trajectoire différente : « J’étais peut-être un mètre hors trajectoire. » Sur une partie sale de la piste, il a immédiatement perdu l’avant. Mais le Français a surtout pointé du doigt les graviers de Mandalika, qu’il juge dangereux. « Quand on arrive, on rebondit. Je pense que c’est trop haut », a-t-il estimé, établissant un parallèle avec la chute de Marc Márquez l’an passé.
Malgré cette chute, l’officiel Yamaha a réussi à reprendre la piste et à améliorer son chrono pour terminer septième. Une place synonyme de qualification directe pour la Q2. « Je me sens plutôt bien sur la moto », a-t-il insisté, tout en reconnaissant qu’il manquait encore du grip et de la capacité à inscrire la machine en virage. L’objectif d’aller chercher une place sur les trois premières lignes de la grille reste cohérent.
Johann Zarco dans le dur
La journée a été nettement plus compliquée pour Johann Zarco. Quatorzième le matin, le pilote Honda LCR a reculé au 18e rang cet après-midi. Un résultat qui traduit surtout un manque de sensations persistant sur sa Honda. Le Français n’a pas caché sa déception : « C’est plus difficile que ce que j’aurais pu imaginer. Franchement, notre base de réglage semblait être complètement à l’ouest. Impossible d’avoir une vitesse correcte sur cette piste. On glisse beaucoup mais à un point inacceptable», a-t-il regretté, expliquant ne pas avoir trouvé de solution pour compenser le manque d’adhérence.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, son dernier run a été perturbé par deux drapeaux jaunes. Le Français estime qu’un chrono en 1’29’’8 était envisageable, ce qui aurait pu le rapprocher du top 10, sans pour autant effacer les problèmes de fond. Zarco peine à trouver une moto qui lui permet de rouler avec suffisamment de confiance et de vitesse.
Le Français garde pourtant espoir. « À chaque pas en avant, les chronos viennent, et viennent plutôt facilement », a-t-il expliqué, convaincu qu’une amélioration des réglages pourrait changer la donne. « Moi, j’y crois. S’il y a les steps nécessaires, franchement, je pense que je peux aller très vite ici. » Il lui faudra toutefois trouver rapidement ces solutions pour sortir de la Q1 et espérer transformer ce vendredi difficile en un week-end plus positif.

