Pedro Acosta enfin !

Pedro Acosta s’est offert son premier Grand Prix qu’il attendait depuis son arrivée en catégorie reine. L’officiel KTM s’impose à domicile au terme d’une course parfaitement maîtrisée. Les Aprilia retrouvent des couleurs avec Jorge Martín et Marco Bezzecchi sur le podium. Deuxième, Martín reprend surtout les commandes du championnat avec 12 points d’avance sur Marc Márquez.

Pedro Acosta une si longue attente

Pedro Acosta aura donc attendu son 56e départ en MotoGP pour enfin monter sur la plus haute marche du podium. Pourtant, l’Espagnol n’a jamais vraiment manqué de vitesse. Depuis ses débuts en 2024, les occasions se sont multipliées sans jamais se concrétiser. Le Grand Prix du Japon 2024 reste notamment emblématique de cette période de frustration. Après avoir décroché sa première pole en MotoGP, Acosta avait chuté en Sprint alors qu’il se battait pour la victoire, avant de récidiver le lendemain alors qu’il occupait la deuxième place et semblait en mesure de jouer la victoire.

Et le Japon n’est pas un cas isolé. Austin et l’Indonésie en 2024, la Hongrie, l’Indonésie et la Malaisie en 2025, puis la Thaïlande, la Hongrie et l’Aragon cette saison ont encore alimenté cette étrange collection de deuxièmes et troisièmes places. Huit fois deuxième et sept fois troisième avant Spielberg : Acosta avait tout simplement accumulé les podiums sans jamais parvenir à franchir la dernière marche.

Son tempérament bouillant n’a pas toujours aidé. Capable de rouler très fort et d’attaquer sans retenue, le jeune Espagnol a parfois eu du mal à concilier cette agressivité naturelle avec la gestion des pneumatiques indispensable en MotoGP. Un exercice d’autant plus délicat sur une KTM qui, selon les circonstances, n’a pas toujours été la machine la plus facile à ménager sur ce plan. À Spielberg, Acosta a mis fin à une série de 15 podiums sans victoire, un record en MotoGP.

Pedro Acosta le jour de gloire

Cette fois, Pedro Acosta n’a rien laissé au hasard. Après une nouvelle frayeur lors du warm-up, puis surtout une énorme désillusion le samedi en Sprint. En tête avec course gagnée, il n’avait rien trouver de mieux que de chuter au grand désespoir de tout le board KTM.

DImanche heureusement Acosta n’a pas craqué. Parti de la première ligne, il a pris le temps de construire sa course. Après avoir laissé Jorge Martín aux avants postes, il est revenu progressivement sur l’Aprilia puis a pris les commandes au neuvième tour. Cette fois, pas de précipitation, pas d’excès et surtout aucune erreur. Même lorsque Martín et Bezzecchi sont revenus, Acosta a répondu immédiatement pour conserver suffisamment de marge et aller chercher cette première victoire.

La symbolique de cette première victoire est évidemment énorme. Acosta décroche son premier succès en MotoGP à domicile pour KTM, sur le Red Bull Ring, devant les dirigeants et les responsables de la marque autrichienne. Mieux encore, il offre à KTM sa première victoire depuis Miguel Oliveira en Thaïlande en 2022. Un succès historique, obtenu quelques mois seulement avant son départ chez Ducati en 2027. Reste désormais à savoir si ce déclic va libérer définitivement le talent du jeune Espagnol et lui permettre d’aller chercher d’autres victoires avant de tourner la page KTM.

Aprilia et Martin reprennent le contrôle

Derrière l’exploit d’Acosta, Aprilia a réalisé un week-end particulièrement solide à Spielberg. Jorge Martín avait donné le ton dès les qualifications en décrochant la pole, avant de s’imposer dans le Sprint malgré un premier tour particulièrement mouvementé. A la lutte avec Marquez dans la chicane, Martin n’a pas voulu céder et s’est retrouvé sur le vibreur extérieur tassé. Résultat, 7 places de perdu. Il a ensuite parfaitement remis la machine en route dimanche pour prendre la deuxième place derrière Acosta.

Avec les 12 points du Sprint puis les 20 de sa deuxième place, Martín réalise surtout une excellente opération au championnat. Il quitte Spielberg avec 12 longueurs d’avance sur le pilote Ducati. Une semaine après avoir perdu la tête du classement à Misano, Jorge Martin reprend immédiatement le contrôle du championnat et semble avoir levé les doutes sur ses problèmes d’avant bras.

Marco Bezzecchi n’est pas en reste. Troisième du Sprint puis troisième du Grand Prix, l’Italien confirme lui aussi le retour en forme des Aprilia. Deux podiums qui lui permettent de revenir à 30 points de Marc Márquez . Ce doublé Aprilia sur le podium dimanche, confirme que la RS-GP26 a retrouvé de sérieux arguments sur le tracé de Spielberg.

Marc Márquez sur les freins

Pour Marc Márquez, le week-end autrichien a été plus compliqué. Deuxième du Sprint derrière Martín, le pilote Ducati a parfaitement limité les dégâts. Mais dimanche, son Grand Prix a rapidement tourné au cauchemar. Dès les premiers tours, Márquez s’est plaint d’un comportement irrégulier du frein avant, avec une réponse différente à chaque freinage.

Le problème permet surtout de mieux comprendre certaines des erreurs inhabituelles commises par le champion du monde. Dès le premier tour, il avait déjà perdu plusieurs positions. Puis, au dixième tour, son frein avant lui a quasiment échappé : la commande est devenue momentanément « vide » à l’approche du premier virage. Obligé de tirer tout droit et à perdre encore du terrain. Márquez après course avouera avoir envisagé l’abandon tant le comportement de la commande était imprévisible.

Dans ces conditions, difficile de prendre les mêmes risques qu’à l’habitude. Márquez a néanmoins sauvé une cinquième place. Un moindre mal compte tenu des circonstances, mais une opération qui rappelle que, dans une lutte aussi serrée, le moindre problème technique peut immédiatement coûter très cher.

Johann Zarco beau boulot

Johann Zarco peut, lui, quitter Spielberg avec le sentiment du devoir accompli. Le Français a signé un week-end solide avec sa Honda LCR. Septième du Sprint, il termine 10e du Grand Prix. Son dimanche n’a pourtant pas été simple. Après un premier tour compliqué il a perdu plusieurs positions. Zarco a progressivement retrouvé son rythme, géré ses pneumatiques pour remonter dans le classement. Fabio Quartararo a en revanche connu un week-end beaucoup plus compliqué. Douzième du Sprint, puis seulement 17e du Grand Prix, le Français est revenu à la triste réalité du manque de performance de sa Yamaha…