Marc Marquez s’est offert sa première victoire depuis son accident en Thailande la saison passée. Au terme d’une course Sprint dans laquelle il a du s’employer pour venir à bout d’un Fabio Di Giannantonio des plus coriaces.
Marc Marquez renoue avec la victoire

Marc Marquez deuxième temps des essais, savait que la partie ne serait pas facile. Face à lui Fabio Di Giannantonio, le pôleman et Marco Bezzecchi s’élançaient à ses cotés depuis la première ligne. Si ce dernier ratait quelque peu son envol ce n’était pas le cas du pilote de la VR46. Dès lors le scénario était écrit. Di Giannantonio devant Marquez à sa poursuite, combien de temps la Ducati jaune allait résister à la rouge?
Pour autant l’officiel Ducati n’était pas le plus serein comme il l’a expliqué en conférence post course. « Je ne m’attendais pas à gagner. Fabio a montré qu’il était déjà très rapide en qualifications.Je peux voir sa télémétrie, et lui la mienne, et j’ai vu qu’il pilotait de manière fluide et sans forcer. Moi, j’avais un peu plus de mal, je ne pilotais pas en étant totalement en confiance. »
Au fil de la Sprint Marquez a retrouvé du rythme et du feeling ce qui lui a permis de se rapprocher de son adversaire. Lui imposant une pression de tous les instants, Di Giannantonio a fini par commettre une petite erreur. Suffisant pour que Marquez en profite et ferme la porte durant les 3 derniers tours. Une aubaine pour l’Espagnol qui refroidit par son déclassement en Thailande a avoué avoir douté.
« Il y avait deux endroits où je pensais pouvoir le faire, mais le problème, c’est que quand on sort de la trajectoire, c’est sale et on ne s’arrête pas bien, alors il faut tenter un block-pass. Après ce qui s’est passé en Thaïlande, j’y aurais réfléchi à deux fois. Je veux dire, pourquoi prendre un risque inutile si, ensuite, qui sait si on va être pénalisé ou pas ? »
Une issue heureuse donc pour Marquez qui n’a pas démérité loin s’en faut. L’Espagnol avoue toujours avoir quelques soucis avec son épaule et craint désormais le rendez vous de dimanche qui comptera 16 tours de plus.
Fabio Di Giannantonio mal récompensé
Marc Marquez vainqueur, Fabio Di Giannantonio faisait logiquement la tête à l’arrivée. Surtout après la course qu’il a produite. En tête dès le premier virage, il a ensuite profité des bagarres derrière lui pour se construire une belle marge de manœuvre. Malheureusement comme il le reconnait il n’a pas pu éviter deux erreurs.

« Je pense que j’ai réalisé une belle course mais la récompense n’est pas au bout. Je me sentais bien mais malheureusement j’ai commis deux erreurs qui ont permis à Marc de revenir puis de me dépasser. Il faut continuer de travailler pour demain. Je pense que nous pouvons faire un excellent résultat. Je me sens bien sur ce tracé. »
Clairement en confiance et légèrement supérieur à Marc Marquez, le pilote de la VR46 a néanmoins raté le coche de s’offrir sa première victoire en course Sprint. Mais derrière cette déception se cache l’opportunité de récolter beaucoup plus gros dimanche. Et sans trop s’avancer, l’Italien signerait des deux mains pour une victoire à 25 points plutôt qu’à 12.
Une chose est sure au terme de cette course Sprint les Ducati ont repris des couleurs et laissent à penser que la Thailande n’était qu’un accident de parcours.
Aprilia confirme Martin aussi
La Thailande justement avait mis en lumière la master class des Aprilia. A Goiania, les choses ont été un peu plus complexes durant les qualifications, notamment pour Bezzecchi qui est parti à la faute. Il ne fut pas le seul d’ailleurs puisque Martin et Ogura l’ont imité. En course on a retrouvé les trois compères l’un derrière l’autre.

Si Bezzecchi s’était le mieux élancé, son erreur au cap de la mi course a permis a Jorge Martin de prendre l’avantage et d’aller chercher la troisième place de la Sprint. Un résultat qui s’inscrit dans la foulée des performances de Martin en Thailande. Le Martinator est de retour et Aprilia a désormais deux atouts dans son jeu pour contrer Ducati. Ogura complète ce tir groupé en terminant 5e après avoir bataillé une bonne partie de la Sprint avec Fabio Quartararo.
Avec un Grand Prix à 31 tours et les fin de course solides comme il en a l’habitude, attention au Japonais dimanche. Seule petite ombre au tableau pour la firme de Noale et Trackhouse, la contre performance de Fernandez seulement 12e. L’Espagnol va certainement profiter des données enregistrées pendant la Sprint pour corriger le tir.
Fabio Quartararo l’exploit
On peut tout dire sur Fabio Quartararo mais une chose est sure, lorsque le Français a une opportunité de briller il ne passe jamais à coté. Déjà en qualification son quatrième temps a une nouvelle fois démontré l’étendue de son talent et sa capacité à extraire le meilleur de son matériel. Lors de la Sprint, il a réussi un superbe départ qui lui a permis de prendre la deuxième place pendant quelques tours avant de se faire déborder en ligne droite par Marquez. Preuve que sur un circuit de pilotage et même au guidon d’une machine moins performante le francais reste une référence.

Malheureusement pour l’officiel Yamaha, a force d’être à la limite, il a commis une petite erreur. Rien de bien méchant mais suffisant pour que Bezzecchi en profite. Puis Martin et Ogura ont eux profité de la ligne droite pour « déposer » le Français. «
Je pense qu’on a fait une très belle course et je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien. En course, sincèrement, j’ai dit, ‘Allez, je donne le max’. Aujourd’hui, c’était de loin la meilleure journée de l’année. On verra demain. » Demain sera effectivement un autre jour et Quartararo reste lucide. Si cette sixième place est un excellent résultat, l’officiel Yamaha sait pertinemment que les problèmes du V4 n’ont pas disparu.
Comme il l’avoue il manque de la puissance, du grip et de la motricité. La configuration du tracé court de Goiania fait que c’est moins critique mais Fabio s’attend encore à souffrir notamment sur les deux prochains Grand Prix. Ce ne sont pas Alex Rins, Toprak Razgatlioglu et Jack Miller qui diront le contraire. Les trois autres Yamaha terminent respectivement 13e, 18e et 19e. Assurément la performance de Quartararo ressemble bien à l’arbre qui cache la foret.
Johann Zarco à la faute
Si Johann Zarco avait tiré parti des conditions délicates de la première journée pour se hisser en haut de la hiérarchie, ce samedi fut le contraire. Avant dernier de la séance libre pré qualif, le pilote Honda LCR s’est arraché pour décrocher le 10e temps sur la grille. Preuve que les sensations n’étaient pas celles escomptées. De plus Zarco a du composé avec le départ raté d’Aldeguer qui lui a fait perdre nombre de positions.

Pour autant le Français ne se cherche pas plus d’excuses que cela. Il confirme qui lui manque encore du feeling au guidon de sa Honda. « Il y a vraiment ce milieu de virage où je n’ai pas le contrôle de ma moto, je force trop. L’an dernier, j’étais très fort sur cette zone-là. Maintenant, c’est devenu ma pire zone et, du coup, je suis perdu. Il faut trouver les solutions, rester calme. Ce qui est bien ici, c’est que ce n’est pas un circuit de freinage et les problèmes sont là. En Thaïlande, on me mettait en doute en me disant que je ne suis peut-être pas bien placé au freinage, etc. »
Zarco a terminé sa course Sprint dans le bac à gravier du premier virage suite au dépassement de Fernandez. Aspiré par l’Aprilia il a raté son point de corde et a perdu l’avant. Le Français espère maintenant un coup de pouce de la météo pour dimanche. Les conditions sont annoncées incertaines. Alors Jojo croise les doigts….

