Le YART champion du monde

Le YART Yamaha a décroché un troisième titre de champion du monde au terme d’un 88e Bol d’Or époustouflant d’intensité. Le dénouement de la saison s’est joué à moins d’une demie heure de la fin de la course lorsque la BMW a du abandonner. Grâce à cette deuxième place en course le Yart remporte une saison marquée par des hauts et des bas pour l’équipe Autrichienne

Le YART profil bas

Le YART est arrivé au 88e Bol d’Or dans la peau du leader. Un leader fragile, car il ne comptait qu’un point d’avance mais leader tout de même. Après sa victoire aux 24 Heures Moto et son podium à Spa, les hommes de Mandy Kainz s’attendaient à une ultime course rendue difficile par leur abandon à Suzuka. Ils n’ont pas été déçus et étaient presque résignés avant que le destin ne leur donne un coup de pouce. Pas simple quand on reste sur six podiums consécutifs de devoir accepter l’abandon et surtout voir ses adversaires fondrent sur vous au championnat.

C’est pourtant comme cela que le Yart a du composé pour le Bol. A égalité au classement après les essais, « les bleus » ont adopté la tactique du « wait and see » en espérant que les événements tournent en leur faveur. Mandy Kainz le team manager se justifiant sans ambiguïté sur cette tactique. « On a compris qu’il valait mieux être un peu moins rapides aux essais et voir la ligne d’arrivée en course, plutôt que de faire des pôles et ne jamais voir le drapeau à damiers. » Un point de vue d’autant plus justifié lorsqu’il y a un titre en jeu

Le YART pas assez rapide

Cette philosophie s’est révélée rapidement comme le maitre mot de l’équipe autrichienne dès le début de course. Présente aux avants postes la Yamaha numéro 7 n’a jamais été en mesure de donner le tempo. Paradoxalement si les pilotes admettaient avoir moins de puissance à leur disposition, ils mettaient un point d’honneur à souligner que leur rythme de course était pourtant plus rapide que l’an passé. Plus rapide oui mais au final pas assez pour tenter de s’échapper. De fait, la Yart s’est rapidement retrouver en position d’attente, en espérant un coup de pouce du destin. Pointée au troisième rang dès le cœur de la nuit, la 7 était « scotchée » derrière la BMW 37, son adversaire direct au championnat. Preuve des dires de ses pilotes, elle n’a jamais concédé plus d’un tour d’avance à son adversaire direct au championnat.

La chance a tourné

Un tour, beaucoup et peu à la fois. Incapable de revenir à la régulière sur la BMW 37, la Yamaha continuait d’enfiler les tours en se disant que si….Au fil des tours, le temps lui aussi s’écoulait et l’issue inéluctable également. Condamné à terminer dans le sillage de la BMW, le team Yart avait accepté l’idée que finalement ca ne serait pas pour cette fois. Puis à 14h33, les écrans de la réalisation pointe une machine sur le bord de la piste avec un énorme panache de fumée qui s’échappe. C’est la BMW 37. Moteur cassé, elle cède sa deuxième position à la YART synonyme de titre. Dans le stand des bleus, point d’euphorie non, mais une compassion évidente.

Mandy Kainz, le team manager n’a que trop vécu par le passé cette situation et aura des mots très justes à l’arrivée. « Avant même de dire autre chose, je suis sincèrement déçu pour BMW. Ils méritaient vraiment leur titre et même s’ils n’ont pas gagné de course cette année, ils ne méritaient pas cela. Personne n’imagine à quel ponit il est difficile de mener une équipe en endurance. Tout le monde est important du cuisinier, au kiné ou le panneauteur. Sincèrement c’est cruel pour eux. Nous avons connu aussi cela par le passé et je sais à quel point cela est difficile à accepter. A Suzuka nous n’avons pas eu de chance, cette fois elle a tourné en notre faveur. »

Le Yamaha YART décroche donc un troisième titre de champion du monde FIM EWC après ceux de 2009 et 2023.