Le Yamaha YART, leader du championnat du monde d’endurance aborde la dernière épreuve sous pression. Le Bol d’Or qui se déroule ce week-end sera le théâtre d’une finale qui s’annonce explosive. Six équipes peuvent encore prétendre au titre et le YART ne compte qu’un point d’avance sur son premier rival. Ca va chauffer
Le YART favori sous pression

Après avoir dominé le début de saison, l’équipe officielle Yamaha YART se retrouve en position délicate à la veille d’aborder les essais du Bol d’Or. L’équipe de Mandy Kainz après avoir triomphé de justesse aux 24 Heures du Mans et décroché une troisième place à Spa était bien parti pour s’envoler au championnat. Malheureusement, un abandon aux 8 Heures de Suzuka, a permis à ses opposants soit de rester au contact, soit de refaire une bonne partie de leur retard. Rien de quoi inquiéter Marvin Fritz le leader du team Yamaha « Malgré la malchance à Suzuka, nous sommes encore leaders. Avec 65 points à prendre, tout reste possible. Nous avons une moto plus puissante que l’an passé, nous allons tout donner. » Discours de circonstance ? Une chose est sure, le YART n’aura aucune marge de sécurité et devra allier performance et fiabilité pour arriver à ses fins.
Le YART s’appuyer sur ses atouts

C’est bien là toute la difficulté de ce dernier rendez-vous de la saison pour l’équipe Yamaha. Tout se jouera sur cette unique course une sorte de « all in » à hauts risques. Bien évidement le YART possède de sérieux arguments à faire valoir dans ce bras de fer ultime. Des pilotes au top, Marvin Fritz, Karel Hanika et Jason O’Halloran, une équipe technique qui fait référence et une motivation à toute épreuve. L’an passé les hommes de Mandy Kainz avaient terminé sur le podium en troisième position. Un résultat du en grande partie aux problèmes rencontrés en début de course en raison de pneumatiques Bridgestone déficients.
La seule interrogation reste, comme souvent autour de la Yamaha numéro 7, sa fiabilité. Si les progrès sont notables, l’abandon de Suzuka a ravivé les vieux démons et la longue ligne droite du Mistral sera un juge de paix impitoyable. Avec une longueur de 1,8 km, elle impose une pleine charge de plus de 15 secondes sur le dernier rapport. Enfin si le Mistral est de la partie, les régimes moteurs risquent de s’envoler et il faudra donc se méfier des éventuels sur régime. Tout le monde sera logé à la même enseigne mais le YART peut il se permettre de prendre le moindre risque à ce sujet ?
La BMW Motorrad en embuscade

Prendre des risques, l’équipe BMW Motorrad devra non pas en prendre plus que son adversaire direct mais faire en sorte de saisir la moindre opportunité qui lui sera offerte. Avec un point de retard seulement au championnat, le team de Werner Damen pourrait très bien se retrouver à égalité de points avec le YART ou même aux commandes du championnat après les qualifications. Durant ces dernières, 5 points sont attribués au meilleur temps, 4 au deuxième etc jusqu’au cinquième qui marque un point. Si cela peut paraitre anecdotique avec ensuite deux tours d’horloge à boucler, cela pourrait placer le team allemand dans les meilleures dispositions.
Enfin il ne faut pas oublier que depuis deux saisons la marque allemande flirte avec la plus haute marche du podium. Si ses performances en course souffrent de régularité, ses performances absolues ne peuvent être oubliées. Pôle position l’an passé, record du tour en course et record de la piste sont des signes qui ne trompent pas. Reste l’essentiel, passer la ligne d’arrivée en tête…
Le Yoshimura SERT Motul pour la passe de trois

Une ligne d’arrivée que la Suzuki championne du monde en titre a coupé depuis deux ans systématiquement la première. L’an passé, cela lui avait permis de décrocher un nouveau titre de champion du monde. Cette année, l’équipe franco japonaise remet le couvert. Avec 15 points de retard sur le YART, la Suzuki numéro 12 reste un favori logique à la couronne. Comme pour le YART, l’expérience de l’équipe joue en sa faveur. Son trio de pilote a démontré à moultes reprises sa compétitivité. Gregg Black, Etienne Masson et Dan Linfoot peuvent s’appuyer sur le savoir faire stratégique du SERT et aussi d’un certain niveau de réussite.
L’an passé, parmi les équipes équipées de Bridgestone, la Suzuki avait été la seule à passer au travers des problèmes. Mais réduire leur réussite à ce seul point ne serait pas honnête. Dans cette course au titre, le SERT devra faire sa course. Comme le dit Damien Saulnier, le team manager « faire ce que l’on sait faire et on verra à l’arrivée. »
Kawasaki se méfier de l’eau qui dort

Avec 5 points de retard sur le leader, le Team Kawasaki réalise l’une de ses meilleures saisons depuis le départ de Gilles Stafler. Proches la victoire au Mans, cinquième à Spa et top 10 à Suzuka, les verts ne s’avouent pas battus. Malheureusement, Mike Di Meglio, Grégory Leblanc, Roman Ramos et Christian Gamarino, ne disposent pas de la machine la plus performante. En revanche leur expérience et leur vista de la course, leurs permettent de tirer partie de la moindre opportunité.
Sans oublier que depuis cette saison, ils disposent aussi des mêmes pneumatiques Bridgestone que les autres équipes officielles. Autant dire que si la tête de course devrait être difficile à suivre pour les verts, ils sauront faire le dos rond et profiter des rebondissements de course. Sans trop s’avancer il y a de fortes probabilités de les retrouver aux avants postes dimanche à 15 heures…
Une BMW peut en cacher d’autres

Dans la course au titre de ce Bol d’Or, il ne faudrait pas oublier deux autres BMW. Le team ERC reste toujours mathématiquement titrable. Avec 20 points de retard seulement, elle aussi pourra profiter des rebondissements et faits de course. Elle peut s’appuyer en cela sur une triplette qui a fière allure. Kenny Foray, David Checa et Ilal Mykhalchyk ne sont pas les premiers venus et possèdent une sérieuse expérience. En revanche dans les stands l’équipe doit encore progresser pour prétendre faire jeu égal avec ses adversaires.

L’autre BMW à considérer sera l’invité de dernier minute le team japonais Autorace UBE Racing team. Présent à Suzuka où il avait terminé sur les talons de la BMW numéro 37 en huitième position, la triplette Loris Baz, Naomichi Uramoto et Hans Soomer sera à surveiller comme le lait sur le feu. Uramoto, le pilote japonais très à l’aise à Suzuka s’est déjà signaler en endurance. Il avait roulé au Bol d’Or pour le compte du JEG Racing en 2019 puis s’était illustré en Malaisie en pointant au deuxième rang avant la déficience d’un fusible. Autant dire qu’il ne s’agit pas du premier venu. Et si tout cela ne suffisait pas à vous convaincre sachez que lors des tests privés d’hier mardi, cette BMW numéro 76 a réalisé le deuxième chrono derrière…la BMW 37
La Honda FCC leader des outsiders

Si mathématiquement tout reste possible pour la Honda FCC TSR Honda France MOTUL, il lui faudra beaucoup de réussite pour parvenir jusqu’au sacre. Il faudra surtout que les équipes qui la devancent connaissent nombres de problèmes pour lui permettre de décrocher un nouveau titre. En revanche, cette Honda numéro 5 sera la tête d’affiche des opposants qui n’ont « rien à perdre ». Son potentiel lui permet sans conteste de briguer une place sur le podium dimanche et c’est clairement l’objectif que se sont fixé Alan Techer, Corentin Perolari et le pilote japonais Taiga Hada.
Cette Honda ne sera pas la seule à surveiller et il faudra aussi compter avec la CBR 1000 RR du Tati Team Ava 6 Racing. Tout comme il ne faudra pas écarter la Yamaha du Team Elf Marc VDS Racing KM99. L’an passé la structure belge avait terminé sur le podium après un début de saison délicat. Cette saison le scénario est peu ou prou le même et cette Yamaha 99 n’aura rien à perdre. Rouler libéré voilà peut être la solution.
Les titres aussi en Superstock et Production
Ce 88e Bol d’Or sera aussi intense dans les catégories Superstock et Production. Dans la première, c’est le team Japonais Etoile qui mène le championnat. Il compte 5 unités d’avance sur le champion sortant le National Moto. Attention également au team Kaedear-Dafy-RAC 41 Honda, le Team 18 Pompiers Igol CMS Motostore et le 3ART Best of Bike qui complètent le Top 5. Ces trois équipes ne sont séparées respectivement que par 18, 26 et 30 points de la tête du classement.
Quant à la nouvelle catégorie production là encore la lutte promet d’être intense. Entre le Team Super Moto Racing et le Team Artec 199 l’écart n’est que de 19 points. Cette lutte pourrait bien être arbitrée par la Honda du team de Vincent Philippe, recordman des victoires au Bol d’Or, associé à Tom Pages, légende du FMX ainsi que Bertrand Gold et Remi Darodes.

