Romano Albesiano directeur technique Honda HRC

Interview Romano Albesiano

MotoGP : vers le retour des Japonaises ? 

Honda et Yamaha semblent retrouver un nouveau souffle en MotoGP. Le nouveau directeur technique du HRC Romano Albesiano évoque les évolutions techniques de la Honda, alors que les interrogations restent entières quant à la nécessité d’un moteur V4 du côté de Yamaha.

Mat Oxley : L’an dernier, Honda avait généralement plus d’une seconde de retard au tour sur le vainqueur. Cette année, ce n’est plus que quelques dixièmes. D’où viennent ces améliorations ?

Romano Albesiano : Certaines viennent du caractère de livraison du couple moteur, que les pilotes apprécient beaucoup. Nous avons aussi amélioré certaines stratégies électroniques, notamment le contrôle de traction. Et la moto est assez différente en termes de réglages, surtout sur les phases de freinage et d’anti-wheeling. Globalement, la moto de cette année n’est pas très différente de celle de l’an dernier, donc les pilotes n’ont pas eu besoin de s’adapter à quelque chose de nouveau – et cela paie toujours.

On imagine qu’à mesure que l’écart se réduit, vous pouvez vous concentrer de plus en plus sur les détails ?

La première règle, c’est de comprendre où se situe l’écart. C’est toujours le point central. Cela peut différer d’un pi- lote à l’autre, mais maintenant que l’écart est faible, cela dépend autant de la moto que du pilote. Cela devient donc plus complexe, car il faut adapter chaque réglage, mais c’est essentiel : comprendre où l’on perd du temps, puis essayer de le récupérer ailleurs.

Quelles sont les prochaines étapes ? Nouveau moteur ? Améliorations prévues aux essais d’Aragon ?

Oui, des nouveautés arrivent. Un nouveau moteur est prévu, pas immédiatement, mais bientôt. Des évolutions aérodynamiques aussi et d’autres éléments. Je dirais que la moto est en constante évolution, mais pas en révolution.

Un bon couple est essentiel pour les sorties de virage, mais aujourd’hui, peut-être que le couple négatif (frein moteur) l’est encore plus pour les entrées de virage, puisque les pi- lotes utilisent bien plus le pneu arrière dans cette phase ?

Oui, bien plus qu’avant. Contrôler la phase de frein moteur est crucial et très difficile. C’est peut-être la tâche la plus compliquée pour les ingénieurs de piste et d’électronique : obtenir un niveau de frein moteur cohérent et adapté à ce que le pneu arrière peut supporter. Le pilote intervient aussi, car le freinage arrière se fait à moitié manuellement et à moitié via logiciel. Il faut donc équilibrer correctement les deux.

Honda a aussi beaucoup de succès en Formule 1 avec Red Bull. Puisque F1 et MotoGP sont maintenant réunies sous la bannière HRC, avez-vous accès à leur savoir-faire moteur ?

Il faut savoir que la technologie actuelle des moteurs MotoGP correspond à celle des moteurs F1 du début des années 2000… (Retrouvez notre interview en intégralité dans le numéro 145 de Sport Bikes Magazine). 

Couverture Sport Bikes 145