Le contrôle de stabilité vraie fausse bonne idée ?

Ce week-end au Grand Prix d’Autriche, l’ensemble des équipes MotoGP pourront choisir d’utiliser la dernière version d’électronique mise à leur disposition. Une version qui permet donc de bénéficier du contrôle de stabilité. Un système qui réduit le couple moteur lorsque la moto glisse. L’aspect sécuritaire est mis en avant mais pour les pilotes, rien n’est moins sur.

Le contrôle de stabilité qu’est que c’est ?

Le système de stabilité introduit ce week-end en Autriche a pour vocation de limiter les dérives afin de prévenir les high side. La Dorna met en avant l’aspect sécuritaire du système électronique.

Le système de contrôle de stabilité est une évolution logicielle que les équipes peuvent utiliser avec l’ECU standard fournie par Marelli. Contrairement au contrôle de traction son action diffère mais peut s’associer à ce dernier. Pour faire simple, le contrôle de traction permet de limiter le patinage du pneu arrière à l’accélération. C’est à dire lorsque le pneu tourne sur lui même. Le contrôle de stabilité lui, permet de limiter la dérive latérale, c’est à dire le phénomène de glisse. Pour les autorités du MotoGP cela va dans le sens de la sécurité puisque ce système est censé prévenir les fameux « high side ». Un aspect sécuritaire mis en avant, que les pilotes ne considèrent pas comme prioritaire.

Le contrôle de stabilité une béquille pour masquer les défauts ?

Pour certains notamment Fabio Quartararo (Yamaha) ou encore Marco Bezzechi (Aprilia) l’introduction du contrôle de stabilité est avant tout une nouvelle aide électronique. En difficulté avec sa Yamaha M1 en terme de motricité et d’adhérence, le Français considère qu’il lui sera précieux pour la préservation de ses pneumatiques. Même son de cloche pour Bezzechi qui y voit l’opportunité de rendre son Aprilia plus compétitive et donc de se rapprocher des Ducati. On est donc loin des aspects sécuritaires que la Dorna souhaite promouvoir. Pire certains pilotes, et non des moindres sont plutôt opposés à l’idée.

Marc Marquez est contre le contrôle de stabilité

Marc Marquez considère que ce système de contrôle de stabilité est un frein à la dextérité du pilote. Pour faire simple l’officiel Ducati pense que l’on minimise le rôle du pilote.

Le premier vent debout n’est autre que le leader du championnat Marc Marquez. L’officiel Ducati n’y va pas par quatre chemins. En autorisant ce système, l’Espagnol considère que l’on minimise le  rôle du pilote et que finalement on autorise un « nivellement par le bas ». Grosso modo, Marquez considère que le pilote n’a plus qu’à tourner la poignée et l’électronique s’occupera du reste. Un point de vue repris également par Pedro Acosta. L’Espagnol pourtant pas un franc supporter de Marquez considère également que ce système ne va pas dans le bon sens. Même Maverick Vinales considère que ce contrôle de stabilité n’aurait rien pu faire pour éviter sa chute sous la pluie.

A contre courant ?

Alors que le nouveau réglement mis en place pour 2027 veut faire en sorte de réduire la vitesse des machines, le contrôle de stabilité pourrait permettre au final des vitesses de passage plus rapides.

Alors que faut il en penser ? Si bien sur on peut s’attendre à ce que les équipes utilisent ce système dès la première séance d’essais du GP d’Autriche, il faudra surtout en quantifier son intérêt. Un intérêt tout relatif sur une séance d’essais mais plus certainement quantifiable sur la durée d’un Grand Prix. Pour autant on peut tout de même s’interroger sur la mise en place d’un nouveau système électronique là où la Dorna prône un allégement des couts et un retour à des machines plus « raisonnables ». Le règlement 2027 plus restrictif sur l’aéro, les devices afin de limiter la performance, semble donc en décalage. Car comme souvent, il conviendra de voir comment les meilleurs techniciens du plateau sauront capables d’exploiter et d’interpréter ce contrôle de stabilité. A terme on pourrait mesurer des vitesses de passage en courbes encore plus élevées qu’aujourd’hui…