Jorge Martin s’est imposé au Mans ce dimanche. Après son succès hier en Sprint, l’officiel Aprilia revient sur les talons de son coéquipier au championnat. Un duel s’annonce et vraisemblablement il se résumera à une opposition Aprilia. Ai Ogura offre un triplé à la marque de Noale et un premier podium en MotoGP. Quant aux pilotes tricolores, Fabio Quartararo termine 6e et Johann Zarco onzième.
Jorge Martin le revenant

Il y a un an Jorge Martin était venu en cachette rencontrer les dirigeants d’Honda pour tenter de négocier une sortie de ce qu’il considérait alors comme le « piège » Aprilia. 365 jours plus tard, le pilote Espagnol monte sur la plus haute marche du podium dans une communion totale avec l’équipe de Noale. Les choses changent vite en MotoGP…Lui contraint de rester, de composer avec des blessures durant toutes la saison 2025 est aujourd’hui de nouveau vainqueur de Grand Prix. 588 jours après sa dernière victoire en Indonésie, Jorge Martin retrouve la plus haute marche d’un podium que beaucoup lui voyait impossible à retrouver. C’est dans l’adversité que se construise les grands champions, les légendes. 2025 a été l’année Marc Marquez et si 2026 était celle de Jorge Martin. En décembre dernier, il lui était impossible de se nourrir seul, aujourd’hui c’est la victoire qui le nourrit. Désormais à un point de Marco Bezzecchi, il y a fort à parier que l’appétit du Martinator est désormais à son maximum.
Jorge Martin et Aprilia régalent

Plus que la victoire on retiendra également la démonstration de Jorge Martin et plus généralement celle d’Aprilia. Si l’Espagnol n’a pas réussi le même départ qu’en Sprint il a su cravacher pour aller chercher cette première place. Il a compté jusqu’à 1,8 secondes de retard sur Marco Bezzecchi mais n’a jamais baissé les bras, ni de rythme. Si ce dernier s’est incliné à deux tours de la fin de course, il a reconnu que Martin était le plus fort. Bezzecchi avouant même avoir été surpris de mener aussi longtemps. Mais encore une fois ce qui impressionne c’est la capacité de réaction de la firme de Noale. Malmenée vendredi, elle a su faire le dos rond pour reprendre peu à peu le contrôle de la situation face à Ducati. Comme le reconnait Martin, il y a encore moyen de progresser, notamment en qualification mais le travail fournit reste impressionnant. Comme l’exprime le vainqueur du jour, la victoire est la récompense du travail fournit lors des essais. De ce point de vue, impossible de le contredire.
Ai Ogura première

Lui aussi ne contredira par Jorge Martin et pour cause. Ai Ogura a effectué également un superbe Grand Prix. Comme il nous y a habitué depuis le début de la saison, le Japonais est un redoutable finisher. Di Giannantonio et Acosta en ont une nouvelle fois fait l’amer expérience. Discret coté paddock, le pilote Aprilia Trackhouse est impressionnant en piste. La nouvelle incarnation de Docter Jackyll et Mister Hyde en quelque sorte. Autant dire qu’il être difficile maintenant à Raul Fernandez d’inverser la vapeur au sein de la structure américaine. Avec ce premier podium, Ai Ogura se révèle mais offre également un premier triplé en MotoGP à Aprilia. Un Grand Prix de France qui fera forcément date pour « l’autre marque » Italienne…
Francesco Bagnaia maudit au Mans

Ce Grand Prix de France fera également date coté Ducati. Une nouvelle fois l’équipe officielle a perdu le fil. Impressionnante en début de week-end, la maison rouge s’est au fil des jours décomposée. Samedi avec la blessure de Marc Marquez et aujourd’hui dimanche avec la chute de Francesco Bagnaia alors qu’il était deuxième. Dommage, frustrant car jamais l’Italien n’avait semblait aussi performant depuis le début de la saison. Les tests de Jerez ont confirmé une direction de travail et Pecco en a profité. Alors excès d’optimisme, malchance ? Quoiqu’il en soit c’est un nouveau résultat blanc pour lui. C’est aussi le 10e Grand Prix sans une moto de l’équipe officielle sur le podium. Il est grand temps de redresser la barre et si l’on veut retenir le verre à moitié plein on dira qu’au Mans on a retrouvé le Francesco Bagnaia que l’on aime. Reste maintenant à savoir si c’est un feu de paille ou une véritable tendance…
Fabio Quartararo du plaisir avant tout

Le constat est globalement le même lorsque l’on en vient à aborder le cas de Fabio Quartararo. Sixième du Grand Prix, le résultat de l’officiel Yamaha n’a pas de quoi faire tomber à la renverse. Cependant compte tenu de l’écart de performance entre sa machine et le reste du plateau, il doit être salué comme il se doit. Fabio est d’ailleurs très clair à ce sujet. La performance n’est pas là, le feeling en revanche si. Il s’en est expliqué en déclarant qu’il savait désormais où était la limite de son train avant. Chose qu’il lui était impossible à cerner sur les Grand Prix précédents. Du mieux qui ne garantit pas pour autant une amélioration durable. « Pour l’instant je ne sais pas ce que ça donnera sur les autres circuits. Si c’est aussi bien tant mieux, si c’est mieux tant mieux et si c’est moins bien il faudra s’en contenter. » Bref, rien de nouveau dans le clan Yamaha. Du reste, il suffit de jeter un œil au classement de ses coéquipiers pour comprendre encore une fois que Fabio reste un cas à part….
Johann Zarco de la colère contenue

Lui aussi a été un cas à part ce week-end. Johann Zarco était attendu tel le messie ce week-end au Mans après sa victoire historique de l’an passé. La magie a opéré le vendredi avec ce meilleur temps de la journée puis la machine s’est enrayée doucement mais inexorablement. La raison tient certainement dans sa chute du samedi matin juste avant la qualification. Comme il l’explique Johann Zarco a perdu cette extra confiance de tutoyer la limite et elle n’est jamais revenu. Ce qui a eu le don de lui mettre les boules comme il l’atteste. Pourtant le francais veut garder le positif de cette journée du vendredi comme point de référence. Comme il le dit lorsque l’on arrive à piloter cette Honda sans la brusquer on peut aller vite très vite, mais la limite est infime. Zarco repart donc du Mans avec les points de la onzième place et la frustration e s’être fait un peu « sortir » par Fernandez au raccordement. Revanche à Barcelone sur un tracé qu’il apprécie ? On lui souhaite.

