Philip Island c’est fini

Philip Island quittera le calendrier MotoGP à la fin de la saison. C’est la première grosse décision de Liberty Média qui n’a pas fini de faire réagir. Entre souvenirs de légende, sacres historiques et exploits tricolores, Phillip Island était un rendez vous à part dans la saison. S’en est donc fini, place désormais à un nouveau défi : Adélaïde et son circuit de type urbain.

Philip Island, un circuit à part

Philip Island est situé à environ 180 kilomètres au sud de Melbourne, dans l’État de Victoria. Posé au bord de l’océan Austral, face à la mer de Tasmanie, il offre un décor spectaculaire. Mais c’est surtout son développé unique qui en fait un tracé unanimement apprécié des pilotes. Circuit pour « gros coeurs » Philip Island possède l’une des vitesse moyenne la plus élevée de la saison. Voilà pour le coté sportif et « positif ».

Pour Liberty Media en revanche ce dernier, situé au bout d’une presqu’ile, est loin de cocher toutes les cases. Accès difficile, affluence de loin la moins bonne de la saison et une météo souvent capricieuse. Voilà de quoi remplir facilement un dossier à charge surtout si l’on y ajoute des infrastructures d’accueil du public quasi inexistantes. Rustique dans l’ame, Philip Island est effectivement très loin des standards « glamour » que veut imposer désormais Liberty Média.

Philip Island, terre de héros

Phillip Island c’est aussi un circuit qui a vu tous les plus grands noms de la vitesse australienne s’y illustrer. La victoire de Wayne Gardner lors du premier Grand Prix en 1989 est la première pierre de  » l’Arc de triomphe » australien. Mick Doohan, s’y est aussi illustré et par la suite le public local a vibré aux exploits de Casey Stoner. Impérial sur ses terres, il s’y est imposé à six reprises. De 2007 à 2012 il a régné en maitre sur « son » tracé.

Que ce soit au guidon de sa Honda ou de sa Ducati. Mieux Philip Island est devenu un véritable panthéon du sport moto australien. Les virages du circuit portent les noms des légendes locales. Gardner straight, Doohan Corner, Stoner Corner ou encore Miller Corner. Tout un pan d’histoire qui va désormais sombrer dans l’oubli. Un beau gâchis

Philip Island, terre française

Phillip Island c’ est aussi pour nous français un lieu de mémoire pour le sport moto tricolore.
C’est en effet ici qu’en 2000, Olivier Jacque a décroché le titre mondial en 250cc. Face à son coéquipier de chez Tech 3, Shinya Nakano, le Français va rentrer dans l’histoire. Il décroche la victoire et le titre pour 14 millièmes de secondes. Et comment oublier ce jour d’octobre 2014. Philip Island s’est rappelé à notre plus beau souvenir avec là encore une victoire tricolore historique. Celle de Johann Zarco, sa première en catégorie reine, au terme d’un dernier tour d’anthologie. Ces deux exemples parmi tant d’autres ont aussi construit la légende de ce tracé.

Autant que la chute de Stefan Mertens en Superbike. Désarçonné à l’entrée de la ligne droite, sa moto termine sa course folle en s’embrasant. Autant également que les mouettes qui survolent le circuit et qui parfois heurtent les casques des pilotes. Autant enfin que cette sortie tout en travers pneumatique arrière fumant de Marco Melandri sur sa Honda. Bref Philip Island ne peut être remplacé.

Adelaide pour 6 ans

Pourtant, une page se tourne avec l’annonce du choix d’Adélaïde pour cadre du grand prix d’Australie. Un nouveau tracé urbain et moderne qui prendra le relais de Phillip Island pour 6 ans. Une véritable rupture mais un cadre plus en adéquation avec les ambitions de Liberty Media. Le choix d’Adelaide a été rapidement validé après qu’il est essuyé un refus catégorique de la part de Melbourne. En effet le plan initial était de profiter du circuit de F1 tracé dans l’Albert Park en plein centre ville. Le défi est donc de taille pour Adélaide. Avec ce choix une nouvelle ère commence pour le MotoGP. L’avenir dira si c’est pour le pire ou le meilleur….